Une coupure pose deux questions distinctes : où l’on a le droit de produire, et combien d’heures la réserve tient. La station électrique se pose dans le salon, déjà chargée, éventuellement rechargée par un panneau dès qu’il fait jour. Le groupe essence produit tant qu’il a du carburant, à condition de rester dehors, loin des portes, des fenêtres et des bouches d’aération, comme l’écrit l’Anses. Les groupes électrogènes et les stations 1 kWh se complètent dès lors que l’on sépare le lieu d’usage.
L’essentiel
La station (1024 Wh, 1800 W) alimente frigo et box à l’intérieur. Le groupe (1800 W continus sur un inverter 2 kW) produit dehors, loin des ouvertures. L’Anses et Vigil’Anses cadrent le CO. Le solaire prolonge la station ; l’essence allonge le moteur.
Deux outils, deux lieux
| Station (ex. DELTA 2) | Groupe inverter (ex. MXR2300) | |
|---|---|---|
| Énergie / production | 1024 Wh stockés | 1800 W continus / 2300 W max, réservoir 4 L |
| Où l’utiliser | dans le logement | à l’extérieur, loin des ouvertures |
| Recharge | secteur, solaire jusqu’à 500 W | essence (autonomie 11 h à 25 %, 6,5 h à 50 %) |
| Bruit | silencieuse à l’usage | 58 dB à 7 m |
| Poids | 12 kg | 18,5 kg |
| CO | hors sujet (batterie) | vigilance Anses / Vigil’Anses |
La station dépense une jauge. Une fois les 1024 Wh partis, il faut du secteur ou du soleil. Le groupe fabrique du courant, heure après heure, tant que le réservoir et l’huile suivent. En contrepartie, le moteur impose le jardin, la cour ou un balcon largement ouvert sur l’air libre, éloigné d’une fenêtre de chambre.
La station face au groupe essence détaille le matériel ; ici, on tranche pour une coupure familiale, avec le CO au centre.
Le monoxyde de carbone
L’Anses rappelle que le CO, inodore et invisible, tue encore chaque hiver, et que les groupes électrogènes figurent parmi les appareils en cause dès qu’une tempête ou une coupure pousse à produire du courant. Vigil’Anses a documenté des intoxications où le groupe se trouvait dans le garage, la cave, le logement ou la cuisine. Le geste retenu par l’agence est simple à retenir : le groupe se place à l’extérieur, éloigné des portes, des fenêtres et des bouches d’aération. L’habitation, le garage, la cave et le camping-car sont écartés.
En cas de maux de tête, nausées ou vertiges pendant que le moteur tourne, on évacue et l’on appelle le 15, le 18 ou le 112. Un détecteur de CO à piles, dans le logement, complète le dispositif, surtout si un voisin fait tourner un groupe trop près d’une prise d’air.
La station, elle, laisse le CO de côté : batterie, hors combustion. C’est son premier argument pour un appartement, une cour intérieure étroite, une nuit avec des enfants qui dorment fenêtres fermées.
Quand la station suffit
1024 Wh et 1800 W, DELTA 2 ou Elite 100 V2, couvrent le réfrigérateur, la box et les chargeurs sur une soirée, parfois davantage si l’on éteint l’inutile. On a chargé la veille, on branche, on laisse le moteur au jardin. Un panneau 220 W ou 100 W posé au soleil le lendemain ramène une partie de la jauge, dans la limite de l’entrée (500 W sur la DELTA 2) et de la météo.
C’est le scénario de la coupure courte, du logement dépourvu de jardin sûr, du voisinage dense. 12 kg se portent jusqu’à la cuisine. Le silence de la batterie évite d’annoncer la panne à tout l’immeuble.
La limite arrive avec la durée et avec le ciel. Plusieurs jours couverts vident 1024 Wh. Un chauffage électrique ou un ballon sortent des 1800 W utiles. Là, le groupe reprend un sens, dehors.
Appartement, maison, voisinage
En appartement, le jardin sûr manque souvent. Un balcon étroit, collé aux fenêtres du voisin, convient mal à un moteur 58 dB à 7 m, et l’Anses écarte tout usage près des bouches d’air. La station 12 kg, chargée à 80 %, devient alors l’outil principal : on la pose dans le séjour, on tient le frigo, on attend le retour du secteur. Le panneau, s’il y a un balcon dégagé, fait l’appoint le jour.
En maison avec cour, les deux outils cohabitent. La station prend la soirée et la nuit, silencieusement. Le groupe, le matin, recharge la station ou alimente directement une prise via une rallonge, moteur au fond du jardin, loin des chambres. Autonomie 11 h à 25 % ou 6,5 h à 50 % sur le MXR2300 (4 L), 8 h à 25 % sur le P2400 (3,8 L, 0,5 l/h) : on dimensionne le stock de carburant avant l’hiver, en bidon UN, local ventilé, hors des pièces de vie.
Le voisinage compte autant que les watts. 58 dB à 7 m s’entend. On évite de lancer le moteur à minuit si la station peut tenir le frigo jusqu’au matin. Inversement, une coupure de trois jours sous ciel bas vide 1024 Wh ; le réservoir, lui, se remplit tant qu’il reste de l’essence dans le jerrycan.
Vigil’Anses a vu des intoxications avec le groupe dans le garage, la cave, le logement ou la cuisine. Le réflexe « à l’abri de la pluie » pousse à rentrer le moteur : c’est précisément le geste que l’agence écarte. Un auvent ouvert sur deux ou trois côtés, loin des fenêtres, reste de l’extérieur. Un garage, même porte ouverte, reste un volume trop proche du logement.
Quand le groupe reprend la main
Un inverter 1800 W continus, 2300 W max, 4 L, 58 dB à 7 m (MXR2300), produit tant qu’on l’alimente. Autonomie 11 h à 25 %, 6,5 h à 50 %. Le P2400, 1800 W running / 2400 W starting, 58 dB, 8 h à 25 %, joue le même rôle. On les pose sur une dalle, loin des ouvertures, câble assez long pour que la prise utilisée reste à l’intérieur tandis que le moteur reste dehors.
Le stockage du carburant se prépare avant : bidon homologué UN, local ventilé, hors des pièces de vie. Essence et groupe forment un couple ; la station, elle, se contente d’une prise le mois précédent.
Le groupe reste bruyant même en inverter. 58 dB à 7 m, c’est audible chez le voisin. On l’utilise aux heures utiles, on coupe la nuit si la station peut prendre le relais sur le frigo.
1800 W des deux côtés, deux durées
La DELTA 2 sort 1800 W en CA, X-Boost jusqu’à 2400 W, pour 1024 Wh. Le MXR2300 donne 1800 W continus / 2300 W max, tant qu’il a de l’essence. La puissance se ressemble ; la durée diverge. La station s’arrête quand la jauge tombe. Le moteur continue 11 h à 25 % ou 6,5 h à 50 % sur 4 L, puis on ravitaille depuis le jerrycan UN.
D’où un enchaînement simple, en maison : la station, chargée à 80 % ou davantage, prend le choc de la première soirée, frigo et box, dans le séjour. Au matin, s’il fait soleil, le panneau 220 W (entrée jusqu’à 500 W) ramène une partie des watt-heures. S’il fait gris et que la jauge a trop descendu, on sort le groupe, on l’éloigne des ouvertures, on recharge la station ou l’on alimente une prise via la rallonge. La nuit suivante, on revient à la batterie, plus calme pour les chambres.
En appartement, cet enchaînement s’arrête souvent à la station. Faute d’un dehors sûr au sens de l’Anses, le moteur reste au catalogue. 1024 Wh, 12 kg, 0-80 % en 50 min une fois le secteur revenu : c’est déjà un plan. Le comparatif matériel station portable ou groupe essence aide à caler le budget ; ici, le critère qui tranche, c’est le lieu où l’on a le droit de faire tourner un moteur.
Le P2400 (1800 W running / 2400 W starting, 58 dB, 8 h à 25 %, CO Guard, 22,7 kg) joue le même rôle que le MXR2300, avec l’alerte CO côté machine en plus. On le pose, lui aussi, dehors. La station, elle, se range dans un placard le reste de l’année, jauge contrôlée avant l’hiver.
En pratique
- Pour une soirée, charger une station 1024 Wh / 1800 W et la laisser dans le logement.
- Pour plusieurs jours ou un ciel fermé, ajouter un groupe inverter dehors, loin des portes, fenêtres et bouches d’air, selon l’Anses.
- Prévoir le carburant dans un bidon UN, hors habitation ; appeler le 15, 18 ou 112 dès les premiers signes de CO.
- Le jour, orienter un panneau vers la station ; la nuit, s’appuyer sur la jauge déjà là.
La station tient le salon. Le groupe tient la durée, à l’extérieur. On achète d’abord la batterie si l’on vit en appartement ; on ajoute le moteur dès que l’on a un jardin où l’Anses autorise, concrètement, à le faire tourner.