Quand le tiroir électrique est vide, il reste la cire. Une bougie ne fait rien d’autre qu’une flamme basse, entretenue par une mèche et par l’air de la pièce, ce qui suffit à ne pas passer la soirée dans le noir. Géorisques l’a d’ailleurs inscrite au kit 72 h, entre la lampe de poche avec ses piles et le briquet ou les allumettes. Reste qu’elle vient en dernier : parmi les cinq solutions familiales face aux coupures d’électricité, la flamme passe derrière la lampe frontale pour une coupure et derrière le stock de piles pour lampes et radio, deux voisines de la rubrique Energie.
L’essentiel
Si les piles et l’USB viennent à manquer, l’éclairage de secours se réduit à une bougie posée dans un photophore, avec quelqu’un qui reste dans la pièce tant qu’elle brûle. UCO documente 9 heures et plus par bougie, pour 142 g le lot de trois, ce qui donne une base de calcul rare dans ce rayon. Il faut aérer, poser la flamme sur un support stable et l’éteindre avant d’aller dormir. La cire éclaire correctement, mais elle ne chauffera pas le logement : c’est le travail d’un autre appareil.
Cire, mèche, lumière
Une bougie brûle de la cire, paraffine, stéarine ou cire d’abeille, que la mèche amène à la flamme au fur et à mesure. Cette flamme éclaire et réchauffe un peu l’air autour d’elle, au point qu’UCO écrit, à propos de ses bougies 9 h, qu’elles « produisent de la chaleur » et limitent la condensation dans une lanterne. En coupure familiale, on n’en retiendra pourtant que la lumière, puisque prétendre chauffer un salon à la bougie reviendrait à multiplier les flammes, donc les risques d’incendie et l’air vicié, pour deux ou trois degrés.
Aussi longtemps que le tiroir électrique reste plein, la cire peut dormir dans sa boîte : elle n’est que le plan C de l’éclairage.
| Objet | Rôle | Limite |
|---|---|---|
| Bougie nue | Lumière d’appoint, déjà dans le kit 72 h | Flamme libre, coulures, surveillance |
| Bougie dans un photophore / lanterne | Même lumière, flamme tenue | Verre chaud, toujours de l’air |
| Frontale / ampoule USB | Lumière sans flamme | Demande piles ou batterie |
L’ordre de passage se lit dans ce tableau : l’USB et les piles tant qu’il en reste, la flamme seulement après, et dans aucun cas une chambre d’enfant.
Une durée écrite
Les bougies de supermarché annoncent rarement une durée de combustion, ce qui rend tout calcul impossible. UCO, sur son lot de 3 référencé L-CAN3PK, précise :
- 9 h et plus par bougie ;
- cire à haut point de fusion, moins de coulures, prévue pour les lanternes Original / Candlelier, ou un bougeoir ;
- mèche dimensionnée pour cette cire ;
- lot : 142 g ;
- avertissement fabricant : surveillance, rien de combustible à proximité, hors de portée des enfants et des animaux.
Trois bougies de 9 h donnent donc un ordre de grandeur exploitable, celui d’une pièce éclairée plusieurs soirées, à condition de n’allumer qu’une flamme à la fois, dans son photophore, sur une table.
D’autres lots annoncés à « 36 h » circulent dans le même rayon, sans que l’emballage dise toujours d’où sort le chiffre. Tant que la durée n’y est pas écrite, mieux vaut s’en tenir aux 9 h d’UCO ou à une bougie ménagère dont on a pu lire la fiche.
Aération et surveillance
Une flamme consomme de l’oxygène et rejette de l’eau et du CO2, auxquels s’ajoute du CO lorsqu’elle manque d’air ou qu’elle se met à fumer. L’INRS rappelle les intoxications liées à la combustion dans un local mal ventilé, ce qui vaut pour une pièce close un soir d’hiver. Il faut donc ouvrir, et renoncer à allumer dans la salle de bain comme dans un placard.
- une bougie, un support stable, une surface qui tient la chaleur ;
- loin des rideaux, papiers, duvets, alcool, cartouches ;
- hors chambre d’enfant, hors lit, hors étagère au-dessus de la tête ;
- quelqu’un reste dans la pièce ; on éteint avant de dormir, avant de sortir ;
- mèche courte (environ 5 à 10 mm) pour limiter la suie.
Le photophore tient la flamme, mais son verre monte en température : on le pose une fois pour toutes, et on ne le déplace qu’une fois vide et refroidi. Même la lanterne UCO, qui enferme pourtant la bougie, ne dispense pas de rester dans la pièce.
Dans la boîte d’éclairage, à côté des piles et de la frontale, un lot dont la durée est connue trouve sa place, avec un photophore bas et lourd et les allumettes ou le briquet que Géorisques cite déjà. On laisse en rayon les cierges magiques et les bougies à huile bricolée, ainsi que les parfumées, qui ajoutent inutilement des composés à l’air d’une pièce fermée.
Combien en prévoir pour 72 h, si la cire doit vraiment servir de dernier recours ? En n’allumant qu’une flamme à la fois, les 9 h documentées font qu’un lot de trois couvre trois soirées dans une pièce, les volets restant ouverts pendant la journée. Rappelons quand même que Géorisques range la bougie avec la lampe à piles, et non à sa place.
En pratique
- Montrer la flamme une fois, de jour : support, distance aux rideaux, façon d’éteindre.
- Réserver la frontale aux enfants ; l’adulte reste s’il allume une bougie.
- Vérifier le lot une fois par an, avec les piles : cire intacte, mèche sèche.
- Jeter une bougie fendue ou une mèche noyée.
- Si la batterie USB et les piles tiennent, laisser la cire dans la boîte.