Un filtre à gravité se résume à un sac que l’on suspend : on le remplit d’eau brute, on le pend à une branche ou à un piquet, puis on ouvre le robinet. L’eau traverse une membrane et tombe dans un récipient propre, sans piston ni succion, à raison de plusieurs litres le temps d’un repas. Parmi les moyens d’assainir son eau, c’est l’objet du campement, celui qui suppose plusieurs bouches à servir et un endroit où pendre le sac. Une paille filtrante ne sert qu’une gorgée, et une gourde filtrante de randonnée emporte un litre sur la hanche. Tout cela reste dans la gestion de l’eau.
L’essentiel
Pour un camp de 2 à 5 personnes, prenez un sac de 3 L à membrane 0,1 µm : le BeFree Gravity annonce jusqu’à 2 L/min pour 192 g et 1 000 L selon l’eau, et se pend plus haut que le seau propre. Deux erreurs : randonner avec le sac plein d’eau brute, et croire les virus traités.
Paille, gourde, gravité
| Paille | Gourde filtrante | Sac à gravité 3 L | |
|---|---|---|---|
| Volume traité d’un coup | Une bouche | 0,6 à 1 L | 3 L |
| En marchant | Oui | Oui | On s’arrête |
| Effort | Succion | Succion / pression | Remplir, pendre, attendre |
| Groupe | Un | Un | 2 à 5 (Katadyn) |
| Poids vide | ~46 g | ~60 à 270 g | 192 g |
Katadyn situe le Gravity 3,0 L sur un groupe de 2 à 5 personnes, le format 6 L visant une cuisine plus large. Il s’agit donc de choisir une échelle, et le 3 L convient à un petit camp.
BeFree Gravity 3 L : les chiffres
Le modèle 8020471, vendu en France sur le site Katadyn :
- membrane fibres creuses EZ-Clean, 0,1 micron ;
- bactéries, kystes, sédiments ;
- jusqu’à 2 L/min ;
- jusqu’à 1 000 L selon l’eau ;
- 192 g, 23 × 7,5 × 44,7 cm ;
- SoftFlask Hydrapak 3,0 L en TPU, sans BPA ni PVC ;
- raccords rapides, vanne qui se ferme quand on débranche le tuyau.
Le nettoyage se fait en agitant ou en rinçant la cartouche, sans outil ni rétrolavage. Le filtre attend une eau claire en entrée. Une sangle permet de porter le sac plein et de le pendre, une anse sert au remplissage.
Le débit de « 2 L/min » suppose de la hauteur et une membrane propre. Avec un sac à peine plus haut que le seau, ou une cartouche chargée de limon, on descend nettement en dessous : la gravité réclame une différence de hauteur.
Virus, eau trouble, TPU
Le CDC précise que :
- un filtre à pores absolus de 0,3 µm ou moins retire bactéries et parasites, pas les virus ;
- le couple utile reste filtre puis désinfectant, ou l’ébullition, quand les virus comptent ;
- pollution chimique : changer de source.
Les 0,1 µm annoncés sont plus fins que ces 0,3 µm, sur les bactéries comme sur les kystes, et Katadyn revendique ce spectre sans aucun discours viral. Le sac prépare donc utilement l’usage d’une pastille, puisque l’eau est déjà clarifiée et le volume prêt, mais il ne la remplace pas.
Le 3 L vise une Clear Water, une eau claire, quand d’autres formats de la même famille acceptent parfois une eau plus chargée. Mieux vaut rester prudent : eau claire, rinçages fréquents, et une membrane 0,1 µm qui retient les sédiments et s’use donc plus vite dans une eau couleur chocolat.
Le 3 L est une flasque souple, qui se perce, se plie et se sèche à l’envers, d’où l’intérêt de ne pas la poser sur une broche. Membrane, eau et gel ne font pas bon ménage : on vide avant une nuit froide.
L’ancienne série Gravity Camp, à cartouche Ultra Flow, arrive en fin de vie côté pièces détachées. Mieux vaut acheter la membrane BeFree actuelle que reprendre un Camp d’occasion en espérant trouver encore la cartouche d’origine.
En pratique
- Débrancher le flexible de sortie avant d’approcher la source (vanne auto).
- Remplir le sac, refermer, porter à la sangle, pendre plus haut que le contenant propre.
- Rebrancher le flexible dans le seau, la gourde ou la poche propres seulement, puis ouvrir.
- En fin de cycle : vider le brut restant, rincer, agiter la membrane, sécher.
Faute de branche, un pied de tente, un hayon ou une main courante de refuge feront l’affaire. En revanche, on évite de presser le sac comme une poche à perfusion, les soudures n’appréciant pas.
En coupure domestique, un sac de 3 L traite de petites quantités déjà décantées, les 20 L du garage ayant été remplis avant, dans des jerricans. Au camp, la logique s’inverse : on a emporté 192 g et l’on produit les litres le soir, après que la gourde a servi dans la journée et la paille à la pause.