Abris anti-atomiques

Enfants, animaux et médicaments dans un abri

Confinement familial : rentrer les animaux, ne pas aller chercher les enfants à l'école, iode selon l'ASNR et le HCSP uniquement sur ordre du préfet. Médicaments du foyer, pas d'automédication.

Entrée de maison avec deux sacs d’enfants, gamelle pour animal et pilulier hebdomadaire sur une étagère.

Un abri, ou simplement une pièce en dur, n’est pas un schéma : c’est une famille qui reste dedans.

Le CDC tient deux phrases qu’on range près de la porte : rentrer les animaux si on peut, et ne pas sortir chercher les proches, parce que les écoles, les crèches et les hôpitaux ont un plan. Géorisques dit la même chose en français, en demandant de ne pas aller chercher ses enfants.

L’iode des enfants, elle, n’est pas un bricolage de parent : c’est une notice ASNR, un avis HCSP et un ordre du préfet. Ce texte n’est pas un conseil médical : il cite, il n’invente pas.

Pour la durée du local, l’eau et la radio, il y a tenir 24 heures, 72 heures ou 14 jours. Ici, on parle des personnes, des bêtes et des boîtes déjà prescrites.

Ne pas aller les chercher

C’est le geste le plus dur. Un enfant est à l’école, l’alerte sonne, et tout le corps dit d’y aller.

Le CDC demande pourtant de rester où l’on est : sortir pour rejoindre un proche peut vous exposer et l’exposer. Écoles, crèches, hôpitaux et maisons de retraite ont des plans pour garder les gens sur place, en sûreté.

Géorisques, pour un accident nucléaire, demande de même de ne pas aller chercher ses enfants, qui sont pris en charge par les équipes pédagogiques ou les secours. Pendant l’alerte, il faut rester à l’écoute, éviter de saturer le téléphone, rester à l’abri et n’évacuer que sur ordre.

Ready.gov conseille, en amont, de se familiariser avec les plans de l’école, du travail et des lieux de soin : qui reste, qui évacue, et où.

L’article alerte, FR-Alert, PPI et mise à l’abri explique comment on est prévenu. Celui-ci dit quoi faire de l’élan : on ne le suit pas, on fait confiance au plan de l’école, comme on fait confiance à un exercice incendie, en plus grave et en plus calme.

Chez nous, on en a parlé une fois, à table, sans cinéma. Si ça sonne et que vous n’êtes pas là, vous restez avec la maîtresse, et l’on vient quand on nous le dit. Ce n’est pas de l’abandon, c’est la consigne.

Pour un autre adulte au travail ou un grand-parent à l’hôpital, la logique du CDC est la même : on ne rassemble pas la famille sous les retombées, on se rejoint après, sur ordre ou quand c’est dit.

Rentrer les animaux

Le CDC demande d’amener les animaux à l’intérieur si on le peut, et de rentrer et essuyer les affaires de dehors dont ils auront besoin au moins 24 heures. La nourriture en contenants scellés, boîtes, bouteilles ou cartons, s’essuie avant ouverture, comme les gamelles et les tapis.

Si l’animal était dehors, on le lave au savon ou au shampooing, puis on rince, avec des gants et un masque si on en a, en couvrant les plaies, les siennes et celles de l’animal, pendant le lavage, et en se lavant les mains et le visage ensuite.

Ready.gov ajoute que si l’on doit rester dedans, les animaux et les animaux d’assistance restent avec nous, et que ceux qui étaient dehors se nettoient une fois la poussière arrivée, en les brossant doucement puis en les lavant au savon si possible.

Géorisques, de son côté, range la nourriture pour animaux avec le reste du kit 72 heures.

L’OFPP suisse est plus sec, parce que ses abris sont des places pour les gens : les abris ne sont pas conçus pour les animaux domestiques, même s’il n’est pas exclu d’en emporter un selon la taille et l’occupation. Ce n’est donc pas une place garantie. En France, dans notre logement, la question est plus simple : le chien n’attend pas au jardin « le temps de voir », il rentre, avec l’eau, les croquettes, la laisse et les sacs, dans un coin, près d’une gamelle, au calme.

En revanche, on ne sort pas le chercher dans la rue si la consigne est de rester et qu’il n’est pas déjà là. La limite est la même que pour l’école : un élan, et un risque pour deux.

Le CDC note que les animaux stressés peuvent se comporter autrement. Sans poser de diagnostic, on rentre les bêtes pour les premières 24 heures, et l’on écoute ensuite.

Les médicaments du foyer

Pas d’automédication, ni de nouveau traitement « parce que radiation ». On s’en tient aux boîtes déjà prescrites : celles du traitement de fond, celles d’une crise d’asthme, le traitement de la fièvre des enfants si le médecin du foyer l’a déjà inscrit dans les habitudes, dans les doses de leur notice et non dans une invention.

Le CDC est clair : si le médicament était à l’intérieur, on continue ; si le contenant était dehors, on l’essuie et l’on continue. Ready.gov range aliments, eau et médicaments scellés dans le kit.

L’OFPP demande de préparer les médicaments essentiels, avec la nourriture, y compris celle des nourrissons. Géorisques les met dans le kit 72 heures, en demandant d’en vérifier les dates une fois par an.

Une pochette suffit pour le reste : ordonnances, carnet de santé, nom du médecin, allergies déjà connues. Ce n’est pas un diagnostic nouveau, c’est une mémoire.

Géorisques mentionne aussi les lunettes de secours, et l’idée n’a rien d’anecdotique : un enfant qui ne voit plus son jeu, dans une pièce fermée, c’est une crise pour rien.

Je n’écris pas de posologie d’antibiotique, ni de « doublez si ». J’écris : la boîte du foyer, la notice du foyer, le médecin du foyer. Un confinement n’ouvre aucun droit de prescrire.

Iode stable : notice officielle, pas un conseil médical

Ce bloc cite des notices. Ce n’est pas un conseil médical, et ce n’est pas une ordonnance. La prise se fait uniquement sur ordre du préfet, et toute nouvelle prise, dit l’ASNR, uniquement sur instructions des autorités compétentes.

L’ASNR écrit que l’iode stable, l’iodure de potassium, protège la thyroïde, avec la mise à l’abri, contre les effets de rejets d’iode radioactif possibles en cas d’accident nucléaire. Elle ne prétend pas protéger de tout, et l’iode stable : ce qu’elle protège et ce qu’elle ne protège pas sépare le geste du mythe.

Pour être efficace, le comprimé doit être pris idéalement dans les quelques heures avant le passage des particules et gaz radioactifs, et au plus tard dans les 8 heures après. Autrement dit tout de suite quand le préfet le dit, ni avant « au cas où » et hors consigne, ni après en bricolant.

On est prévenu, selon l’ASNR, par les médias du service public, France Bleu, France 3 et les sites préfectoraux, ainsi que par des véhicules à haut-parleur.

Le HCSP, dans son avis du 6 juillet 2021, actualise les recommandations de 2004 : l’iode stable sature la thyroïde si elle est prise assez tôt, et son intérêt est majeur pour les populations jeunes, les femmes enceintes et allaitantes. La prise reste malgré tout un ordre préfectoral, et l’AMM étendue, qui prévoit une prise réitérée sur 7 jours pour les adultes et les enfants de plus de 12 ans, n’autorise personne à répéter de son propre chef.

Géorisques demande de prendre de l’iode uniquement sur instruction du préfet, sauf contre-indication médicale, et précise que pour qui n’en a pas au moment de l’accident, une distribution d’urgence est organisée dans des lieux définis par le préfet.

Côté campagnes, des comprimés sont mis à disposition en pharmacie autour des installations, dans le PPI, selon les campagnes en cours ; hors périmètre, l’État a ses stocks et ses circuits. Ce n’est pas une invitation à se constituer une réserve hors consigne et hors campagne : c’est la phrase de l’ASNR sur les stocks publics.

Posologie officielle (ASNR), comprimés à 65 mg

Le tableau ci-dessous recopie la notice officielle ASNR pour les comprimés d’iodure de potassium dosés à 65 mg. Ce n’est ni un conseil médical, ni une posologie bricolée : c’est le texte public. On ne l’applique que si le préfet a donné l’ordre, et selon la notice du comprimé réellement détenu.

Public (notice ASNR)Posologie officielle (comprimés 65 mg)
À partir de 12 ans, adultes, y compris les femmes enceintes2 comprimés
Enfant de 3 à 12 ans1 comprimé
Bébé de 1 mois à 3 ansun demi-comprimé
Nouveau-né jusqu’à 30 joursun quart de comprimé

Pour le mode d’ingestion, toujours selon l’ASNR, on avale le comprimé ou on le dissout dans une boisson, eau, lait ou jus de fruit, les comprimés étant quadri-sécables. Ils se rangent dans un lieu accessible, en emballage d’origine, au sec, hors de portée des enfants, à une température ne dépassant pas 25 °C.

Les contre-indications sont rares, indique l’ASNR, qui demande de consulter son médecin traitant dès maintenant, donc hors alerte et au calme, en cas d’antécédent ou de maladie thyroïdienne en cours, ou d’hypersensibilité connue à l’iode. Ce n’est pas un diagnostic posé par cette page, c’est la phrase de la notice.

On ne coupe donc pas un comprimé au couteau « à peu près », on ne donne pas la part d’un adulte à un nourrisson, on ne mélange pas avec un produit de pharmacie du commerce qui n’est pas le comprimé de la campagne, et l’on ne donne rien sans ordre.

Si l’ordre arrive et qu’on n’a pas de comprimé, Géorisques parle d’une distribution d’urgence. On n’invente pas de substitut de placard.

Nourrissons, femmes enceintes

Le HCSP et l’ASNR insistent sur les plus jeunes, les femmes enceintes et leur fœtus, et les femmes allaitantes. Cela n’autorise pas un parent à doser « au poids » : l’ordre reste celui du préfet, la référence reste la notice et le tableau ci-dessus, et les contre-indications se voient avec le médecin du foyer, avant.

L’OFPP range les aliments spéciaux et ceux des nourrissons dans les bagages. Chez nous, cela veut dire des petits pots, le lait déjà utilisé et l’eau déjà là, sans sortir au magasin. Pour un bébé, 24 heures tiennent avec des couches, du lait et du calme ; sur 72 heures, le kit de confinement familial le prévoit dans les besoins.

Ce qu’on dit aux enfants

On n’explique pas la physique. On dit qu’on reste ici, qu’on ferme, qu’on écoute la radio, et que l’école s’occupe de ceux qui y sont. Géorisques met d’ailleurs les jeux dans le kit 72 heures : un UNO, des crayons, un doudou. Un écran aide une heure, à condition de ne pas vider la batterie de la radio. On ne promet pas d’heure de fin, on promet d’écouter ensemble. Avec les ados, on s’en tient à FR-Alert plutôt qu’à une rumeur qui invente une évacuation.

Tableau de rangement familial

QuiCe qu’on range avantCe qu’on ne fait pas le jour J
Enfant à l’écoleConnaître le plan de l’école (Ready.gov, Géorisques)Aller le chercher pendant l’alerte
Enfant à la maisonJeux, doudou, change, lunettes, traitements déjà prescritsLui donner de l’iode sans ordre du préfet
NourrissonPetits pots, lait habituel, couches, eau déjà là (OFPP, Géorisques)Inventer une posologie, sortir au magasin
Femme enceinte ou allaitanteAvis HCSP : public prioritaire pour l’iode sur ordre. Médecin du foyer pour les contre-indicationsPrendre un comprimé « au cas où » hors consigne
AnimalLe rentrer. Eau, croquettes, essuyer les contenants (CDC)Le laisser dehors. Sortir le chercher contre la consigne
Toute la familleMédicaments du foyer, ordonnances, radio, 6 L/personne pour 72 hAutomédication. Ouvrir pour « aller voir »

Calme, pas un hôpital de cave

On n’est pas un poste médical. Les bobos relèvent de la trousse Géorisques, et une vraie urgence du 15 ou du 18 quand c’est possible, avec les consignes du moment. Le CDC le rappelle : devant un danger immédiat, blessure grave, incendie ou gaz, on ne reste pas par principe.

La limite pèse ici autant que l’usage : ne pas sortir chercher, ne pas doser l’iode soi-même. Le reste tient du rangement, avec des croquettes, des petits pots et une pochette d’ordonnances.

Le geste tient dans la cuisine. Les bêtes rentrent, les enfants à l’école restent à l’école, les comprimés attendent un ordre, et les boîtes du foyer sont déjà là.