Survie

Paracorde 550 : ce qu'elle fait, ce qu'elle ne fait pas

Prenez 30 m de paracorde 550 à 7 brins pour lier et tendre un abri. Charge 249 kg en rupture. Comptez les brins ; réservez l'escalade aux cordes UIAA.

Bobine de corde fine en nylon tressé

Dans les outils indispensables pour le survivalisme, la corde est la fonction « lier ». Une paracorde 550, c’est une tresse de nylon, gaine dehors, âme à plusieurs brins dedans. Si elle suit le Type III de la spec militaire, sa charge de rupture minimale est de 550 livres, soit environ 249 kg. On tend une ridgeline, on répare un passant, on attache un fagot. On la coupe avec un couteau de survie, proprement, plutôt qu’avec les dents.

L’essentiel

Achetez une 550 à sept brins, nylon, 20 à 30 m pour commencer. La charge 550 lb est un minimum de rupture, pas une consigne d’usage. L’erreur : grimper ou s’assurer avec cette tresse ; les cordes de montagne restent l’UIAA 101.

Ce que « 550 » veut dire

MIL-C-5040H décrit une corde de nylon tressée. Le Type III, celui que l’on surnomme « 550 cord », a une charge de rupture minimale de 550 livres, un allongement minimal de 30 %, une âme de 7 à 9 fils. La spec fixe ces charges, pas un diamètre. Le 4 mm que l’on voit en rayon est une habitude commerciale.

Atwood, pour sa 550 mil-spec : 7 brins d’âme, 550 lb MBS, 100 % nylon, fabriqué aux États-Unis, marquage d’usine dans l’âme. « Huit lignes en une », dit la marque (gaine + 7 brins) : on peut retirer les brins pour une couture de fortune, une ligature fine, un fil de dépannage.

Lire « 550 » sur une bobine de supermarché prouve peu. Beaucoup de pelotes ont trois brins, ou une âme en polypropylène. Le test simple : on coupe un bout, on fait glisser la gaine, on compte. Sept (parfois huit ou neuf). Moins : on change de bobine. Une seule mèche mousse : on change aussi.

La spec a été inactivée pour les nouvelles conceptions en 1997. « Mil-spec » aujourd’hui veut dire : le fabricant affirme encore suivre MIL-C-5040H. Atwood l’écrit. On croise l’étiquette et l’âme.

Gaine, âme, les deux métiers

PartieRôleCe qu’on en fait
Gaine (tresse nylon)Abrasion, soleil, écorceTendre, lier, passer autour d’un arbre
Âme (7 brins)Grande part de la chargeRetirer un brin pour coudre, ligaturer, dépanner
Ensemble Type III550 lb min. en ruptureAbri, sac, fagot ; charge de travail bien en dessous

Atwood annonce une gaine résistante aux UV, à l’huile, aux produits chimiques, à la pourriture. Résistant n’est pas éternel : on range au sec, on remplace un brin pelé.

Ce qu’elle fait dans un kit

Quinze à trente mètres suffisent pour commencer. Plus, si l’on tend un toit souvent. Gestes utiles, sans en faire un manuel :

  • tendre une ridgeline (toit, linge, balise) ;
  • lier un fagot, un piquet, une attelle de fortune ;
  • remplacer une sangle de sac cassée, le temps de rentrer ;
  • faire une poignée ou un passant.

Nœuds : cabestan sur un arbre, nœud de chaise pour une boucle, tendeur de tente si on le connaît. Un nœud resserré que l’on revoit vaut mieux qu’un nœud oublié. On coupe avec une lame, on fait fondre le bout avec précaution (nylon qui goutte) pour limiter l’effilochage, loin d’un abri en toile.

Les couleurs vives aident à retrouver un bout dans l’herbe. L’olive et le coyote se voient moins. On choisit selon que l’on veut revoir sa ridgeline, ou l’oublier.

Escalade, arrimage, hamac

Une corde dynamique d’escalade répond à l’UIAA 101 / EN 892 : elle s’allonge pour encaisser une chute, elle est testée en facteur de chute. La 550 a un allongement d’au moins 30 % dans la spec, hors de la famille UIAA 101 / EN 892. On réserve rappel, assurage et tyrolienne aux cordes de montagne.

Une sangle d’arrimage à cliquet tient un chargement. La 550 tient un abri. 550 lb est un minimum de rupture, pas une charge de travail : on reste très en dessous.

Un hamac de rando a ses sangles et sa notice. Des brins entre deux arbres, un corps dedans : la gaine scie l’écorce, le nœud glisse, la charge d’un assis dépasse ce que l’on imagine.

En pratique

  1. Ouvrir un bout, compter sept brins, contrôler le nylon et une longueur écrite (50 ft, 100 ft, 30 m).
  2. Garder 20 à 30 m en bobine, plus un ou deux mètres déjà coupés pour les attaches.
  3. Couper à la lame, fondre le bout à distance de la toile, tendre avec un nœud que l’on sait défaire.
  4. Ranger au sec, à l’abri du soleil des mois d’affilée.

Un tour autour du pommeau d’un couteau est un rangement, pas un stock. Le stock, c’est la bobine. Tout cela reste dans la rubrique Survie.

Atwood mil-spec : nylon, 7 brins, 550 lb, marquage d’âme. On lie, on tend, on répare. On grimpe avec autre chose.

Produits cités

Atwood Rope Mil-Spec 550 (7 brins, Type III)

Nylon, 7 brins d'âme, 550 lb (249 kg) en rupture minimale. On lie, on tend, on répare. On réserve l'assurage aux cordes UIAA.

Voir la 550 Atwood