Quand le briquet reste au fond d’une poche humide, il faut bien trouver une étincelle ailleurs. Un firesteel est une tige d’alliage que l’on frotte avec un grattoir dur, ce qui en arrache des copeaux qui brûlent en vol. Light My Fire annonce 2980 °C, par temps humide comme au vent et à n’importe quelle altitude. L’objet figure parmi les outils indispensables pour le survivalisme avec une fonction unique, allumer. Le foyer, le petit bois et le relais relèvent de la page consacrée aux gestes ; il s’agit seulement ici de choisir la tige.
L’essentiel
Prenez l’Army si vous voulez de la matière, avec ses 12 000 coups et sa tige plus large que celle du Scout, lequel suffit largement en poche avec 3 000 coups. Dans les deux cas, l’amorce doit être prête avant la première passe. L’erreur la plus fréquente consiste à frotter dans le vide, sans coton, sans copeaux et sans tablette déjà en place.
Trois tailles, une même étincelle
| Modèle | Coups annoncés | Étincelles | Extra | Origine |
|---|---|---|---|---|
| Light My Fire Scout 2in1 | 3 000 | 2980 °C | Grattoir, sifflet 120 dB | Suède |
| Light My Fire Army 2in1 | 12 000 | 2980 °C | Même logique, tige plus grosse | Suède |
L’Army n’est rien d’autre que le grand frère du Scout : davantage de matière, donc davantage de passes dans la vie de l’objet, quand le Scout garde l’avantage du format poche. Cette page porte sur l’Army, vendu en France, dont les deux chiffres utiles à la comparaison sont 12 000 coups et 2980 °C.
Light My Fire parle d’un alliage de magnésium. La tige allume, mais elle ne fournit évidemment pas le tas de combustible. Un revêtement d’usine protège parfois la tige neuve, qu’il faut enlever en quelques passes avant d’obtenir le geste utile.
Ce que la tige demande
Elle craint peu l’eau et, une fois essuyée, elle frotte encore. Elle s’use en revanche à chaque coup, puisque chaque passe enlève de la matière, d’où les 12 000 et 3 000 coups annoncés. Il lui faut surtout un tranchant : le grattoir fourni convient, le dos d’une lame à 90° aussi, alors qu’une lame émoutée en convexe ou un dos arrondi ne feront que glisser. Avant d’acheter un couteau « pour frotter », mieux vaut donc regarder le profil du couteau de survie.
Sans amorce, on n’obtient que de la lumière. Coton vaseliné, copeaux secs, écorce ou tablette : l’étincelle réclame un premier combustible plus fin que le petit bois. Light My Fire signale aussi que la tige allume un réchaud à alcool ou à gaz, une fois le combustible sorti, ce qui en fait autant une molette de secours pour un brûleur qu’un départ de feu de camp.
Le sifflet logé dans le manche est annoncé à 120 dB. C’est un appoint de poignée, à ne pas confondre avec un sifflet choisi pour lui-même.
En pratique
- Préparer l’amadou (sec, aéré, plus fin que le petit bois) et le relais avant de frotter.
- Tenir la tige près de l’amorce, à l’abri du vent (main, corps, rebord).
- Frotter le grattoir vers le combustible, plusieurs passes, plutôt que vers soi.
- Souffler sous la braise naissante, une fois qu’elle tient.
- Ranger tige et grattoir liés par le cordon, au sec, avec l’amorce, pas sous la gourde.
On apprend le geste une fois au jardin, sur un coton. Et comme le fil de la lame sert à couper, l’émousser en s’en servant de grattoir n’a aucun intérêt.
Place dans le sac
Dans le kit minimal composé d’une lame, d’une lumière, d’une corde et d’un abri, le firesteel occupe la place de l’allumeur. On le lie au grattoir et on le sort quand le gaz vient à manquer ou que les allumettes ont pris l’humidité. Pour le socle de la rubrique Survie, il représente l’objet étroit par excellence : une étincelle qui travaille encore mouillée.
Restent en rayon les tiges sans nom d’alliage, vendues par lots sans indication de coups ni de température, ainsi que les blocs de « magnésium » à râper, qui sont un combustible et non une source d’étincelle. L’Army, lui, documente 12 000 coups, 2980 °C, un grattoir, un sifflet de manche et une fabrication suédoise. L’étincelle est donc assurée, à condition d’emporter l’amorce avec.