Un tarp est un toit : une nappe, des points d’attache, une corde de faîte, et une matière prévue pour la pluie et la tension. On le tend entre deux arbres, deux sacs ou deux piquets, puis on le laisse au camp quand on marche. Il remplit la fonction d’abri léger listée dans les outils indispensables pour le survivalisme et sert directement les gestes de survivre seul en pleine nature, où il faut un toit avant la nuit. La couverture de survie réfléchit et s’enroule, le poncho s’enfile. Tout cela reste dans la rubrique Survie.
L’essentiel
Pour une nuit tendue, choisissez une bâche à œillets, assez grande pour une ou deux personnes et assez légère pour le sac. Aqua Quest documente le Safari en nylon 70D, silicone et polyuréthane, coté 5 000 mm : le 10 × 10 pèse environ 770 g pour 19 points et 8,5 m². On tend une corde de faîte, puis on haubane les coins.
Un rectangle, des attaches, une ligne de faîte
Le tarp se passe d’arceaux comme de chambre, puisqu’il n’a qu’une nappe et des points. On tend une corde de faîte, on y clipse ou l’on y passe la toile, on haubane les coins, et le toit est là. Le sol, les côtés et la moustiquaire restent à traiter par ailleurs.
On peut aussi tendre en A, avec deux perches ou un arbre et un sac, ou en appentis, avec une ligne haute et le bord opposé posé au sol. La corde de faîte reste le geste le plus propre : le tissu scie moins l’écorce, la tension se règle, et un côté se relève si le vent tourne. Cette corde manque souvent à la livraison, si bien qu’elle vient du kit, en paracorde ou en sangle. Le film métallisé, lui, se déchire à la tension : on peut le glisser sous le toit, mais pas le tendre comme toit.
Côté hauteur, il en faut assez pour s’asseoir et assez peu pour que le vent ne prenne pas. Trop haut, la toile devient une voile ; trop bas, on reste au sec mais à l’étroit. Le tarp laisse par ailleurs le sol nu, ce qui suppose un film, un sac, un tapis ou des branches. Une nappe simple condense, d’où l’intérêt d’aérer en laissant un côté ouvert. Enfin, le nylon et le polyuréthane craignent les étincelles : le foyer se tient devant l’appentis.
Les attaches se font sur les sangles et les œillets prévus, un nœud passé en pleine nappe préparant une déchirure.
Matières et un format documenté
Trois familles reviennent, qu’il vaut mieux juger sur la composition et le revêtement que sur le nom commercial.
Le nylon enduit de silicone reste léger et un peu élastique sous la pluie, le nylon ayant tendance à s’allonger. Le nylon silicone et polyuréthane correspond au Safari d’Aqua Quest : 70D, coté 5 000 mm, avec sangles de faîte et œillets gros-grain 3/4”. Le nylon et TPU, plus lourd, donne le Defender de la même marque, en 70D également mais coté 20 000 mm, avec des sangles polypropylène ; la marque le présente comme fiable avant d’être léger. Le polyester enduit, enfin, s’allonge moins sous l’averse pour un poids souvent un peu supérieur à étanchéité égale : le critère vaut d’être retenu, même sans modèle nommé ici.
La bâche de chantier bleue, en polyéthylène tissé, dépanne au jardin. Lourde, bruyante et parfois pourvue d’œillets faibles, elle reste hors du sac.
Aqua Quest, pour son format 10 × 10, le plus vendu selon la marque :
- dimensions finies 9’7” × 9’7” (environ 2,92 × 2,92 m) ;
- surface 92 ft² (environ 8,5 m²) ;
- masse 1,7 lb (environ 770 g) ;
- volume compressé 12 × 5 × 3” ;
- 19 points d’attache ;
- sac de compression inclus ;
- cinq tailles au catalogue, de 10 × 7 (1,3 lb, 15 points) à 20 × 13 (4,5 lb, 25 points).
C’est un toit pour une ou deux personnes, avec un sac et un foyer à l’entrée. Le 10 × 7, fini en 9’7” × 6’7” pour 1,3 lb, suffit à un marcheur seul, quand le 13 × 10 (2,2 lb) élargit le camp. Le 15 × 15 (3,8 lb) et le 20 × 13 relèvent du camp répété. Le Defender en 10 × 10 pèse 3,3 lb, soit environ 1,5 kg, pour la même surface et 20 000 mm : géométrie identique, cahier des charges différent. Pour un premier sac, le Safari, ou un nylon ou polyester équivalent, reste dans la bonne fourchette.
| Abri | Geste premier | Masse typique | Surface typique |
|---|---|---|---|
| Tarp / bâche à œillets | On le tend | 600 g à 1,5 kg | 6 à 12 m² |
| Poncho | On le porte | autour de 470 g | environ 3 m² |
| Couverture métallisée | On s’enroule | autour de 80 g | environ 3 m² |
| Tente | On ferme une enveloppe | souvent plus d’1 kg | chambre + abside |
Le poncho, avec sa capuche, se porte sous la pluie ; déplié, il donne un toit bas et étroit, très loin des 19 points et des 8,5 m². Le film réfléchit mais se déchire. La tente apporte moustiquaire, tapis et double paroi, au prix du poids. Avec le tarp, on gagne des grammes en acceptant le vent de biais et les insectes. Pour une famille au jardin, un rectangle tendu entre un garage et un piquet fait un auvent très correct ; le premier achat destiné au sac, lui, vise le week-end.
Dans le kit composé d’une lame, d’une lumière, d’une corde et d’un abri, le tarp est l’abri dès lors qu’on a choisi cette réponse. Il réclame la corde et pèse de 600 g à 1 kg selon le format, donc davantage qu’un film et souvent plus qu’un poncho documenté autour de 470 g. C’est le prix d’un vrai toit.
En pratique
- Décidez d’abord le geste : nuit tendue (tarp), pluie en marche (poncho), appoint voiture (film).
- Pour un ou deux marcheurs, visez un format proche de 3 × 3 m, 15 à 20 points, autour de 700 à 800 g, cote d’étanchéité écrite.
- Ajoutez une corde de faîte et des haubans assez longs, plus un fourreau ou un sac de compression.
- Tendez bas, attachez aux sangles, laissez un côté ouvert, tenez le foyer devant l’appentis.
- Au jardin, une fois, avec le sac réel : sentir la hauteur, le vent, et l’endroit où l’eau ruisselle.