Trois jours hors courses, pour un foyer français, se jouent dans le placard habituel : ce qu’on ouvre déjà, de l’eau en bouteille, et une date tournée vers soi. Géorisques et la sécurité civile parlent d’un kit d’urgence 72 heures, avec de la nourriture non périssable prête à l’assiette et 6 litres d’eau par personne en récipient scellé. Les rations de survie restent un pack de sac, prévu pour une personne et une journée, tandis que se nourrir dans la nature concerne le dehors, quand le placard est loin. Ici, on est chez soi, et le sujet appartient à la rubrique Alimentaire.
L’essentiel. Achetez des conserves et du sec que le foyer accepte froids, la date la plus proche devant, avec 6 litres d’eau par tête. Géorisques vise trois jours d’autonomie à la maison. Le carton oublié finit par lasser, et le frigo s’arrête avec le courant : trois jours multipliés par le foyer, plus une marge, suffisent.
Ce que les pages officielles demandent
Géorisques distingue deux cas : partir tout de suite, ou rester jusqu’à l’arrivée des secours. Dans les deux, il faut un sac ou un coin de placard permettant de vivre trois jours en autonomie. Côté nourriture et eau, la liste tient en trois lignes : une nourriture non périssable qui s’ouvre déjà prête, conserves, petits pots et nourriture des animaux ; de l’eau potable, à raison de 6 litres par personne, en bouteilles ; et un ouvre-boîte parmi les outils de base.
Le ministère de la Transition écologique reprend cette liste en ajoutant de stocker le kit hors d’eau, en dehors d’une cave inondable et à portée de main, puis de vérifier une fois par an les dates des denrées et des médicaments, de remplacer et de réapprovisionner après usage. La sécurité civile le formule autrement : les 72 premières heures sont souvent les plus lentes, et le kit sert autant à rester qu’à partir.
Ce qu’on cherche, ce sont donc des assiettes connues, déjà ouvertes en pique-nique, plutôt qu’une ration de 3 200 kcal par adulte.
Le placard qui tourne
Deux pièges reviennent. Le carton scellé d’abord : un lot acheté « pour plus tard », poussé derrière la lessive, retrouvé la DDM dépassée, que les enfants refusent et que le chien ignore. Le frigo plein ensuite, utile tant que le courant tient, mais hors sujet dès lors que le kit officiel vise précisément la coupure d’électricité, de gaz ou d’eau courante.
Le geste utile consiste à agrandir de trois jours le placard du quotidien. On mange ces boîtes, on les rachète, et ce que personne n’aime reste au rayon. Un sac d’évacuation peut en reprendre une part, quelques conserves, de l’eau et l’ouvre-boîte, ce qui revient à doubler le même menu dans un second stock de packs.
La rotation suit une règle simple : ce qui expire le plus tôt se met devant, à hauteur des yeux. Le ministère de l’Agriculture sépare la DLC, formulée « jusqu’au » et impérative pour les denrées périssables riches en eau, de la DDM, « de préférence avant », ancienne DLUO, qui couvre conserves, biscuits et pâtes sèches. Une fois la DDM passée, un produit intact peut perdre du goût ; un décret de 2022 autorise même une mention du type « ce produit peut être consommé après cette date », à emballage intact et stockage respecté. Les produits à DLC courte, eux, restent hors de ce stock.
On lit donc la date à l’achat, on l’aligne du même côté, on descend une boîte « bientôt » dans le menu de la semaine, puis on rachète la même référence, ou l’on arrête si elle lasse. Un feutre sur le carton, ou simplement la date imprimée tournée vers soi, suffit. Six mois de thon qu’on repousse sans cesse dépassent le volume visé et finissent en gaspillage.
Quoi ranger, combien, où
Le critère officiel tient à l’assiette froide, mangée à la fourchette, dans la boîte ou dans une assiette. Sont donc utiles, à condition que le foyer en mange déjà : les poissons en conserve ; les légumes et légumineuses déjà cuits ; les plats en boîte goûtés froids une fois avant d’en aligner six ; les fruits au sirop et les compotes ; le pain de mie, les crackers et les biscuits à DDM longue ; les petits pots et laits infantiles selon le foyer ; et la nourriture des animaux du logement. Le riz cru, la farine et les menus qu’on repousse « pour plus tard » restent dans le circuit normal. Allergies, régime ou religion : on stocke ce que le foyer mange.
L’eau du kit prend la forme de bouteilles déjà potables, rangées avec le stock, au frais et à l’abri de la lumière, qu’on fait tourner vers la carafe. Six litres par personne pour trois jours donnent l’ordre de deux litres par jour, plus une marge. Un foyer de quatre personnes arrive ainsi à 24 litres, soit un pack de courses. Les pastilles, les pailles et les rivières relèvent des pages consacrées à l’eau.
On raisonne enfin en ouvertures plutôt qu’en ration d’état-major. Pour un adulte au repos, cela représente l’équivalent de deux à trois conserves par jour, plus un fruit au sirop ou une compote, plus du sec. Un enfant en demande moins, un bébé ses propres produits, un animal ses boîtes.
| Poste | Ordre de grandeur pour 72 h |
|---|---|
| Eau | 6 litres × le nombre de personnes |
| Conserves « plat » | 8 à 12 boîtes que le foyer ouvre déjà (famille de 3) |
| Poisson / légumineuses | 4 à 6 boîtes |
| Fruit / compote | 6 à 9 unités |
| Sec (biscuits, crackers) | 1 à 2 paquets déjà ouverts en temps normal |
| Animaux | 3 jours de leur marque |
Le pack 24 h militaire pèse 1,5 kg et vise 3 200 kcal d’effort : trois de ces packs nourrissent trois journées d’une personne mobile, avec un goût de campagne. Le placard, lui, coûte le prix des courses habituelles.
Le kit officiel réclame un accès rapide : une étagère de cuisine, un bac à roulettes ou un sac près de la sortie, pourvu que tout le monde sache où il se trouve. Hors d’eau, hors sous-évier et hors cave humide, car les conserves rouillent et les étiquettes se décollent, au frais et loin du four. Une liste collée à l’intérieur de la porte, mentionnant quoi, combien et la prochaine date, se refait le jour de la vérification annuelle. Au moment de partir, on emporte l’eau, quelques boîtes légères, l’ouvre-boîte et les médicaments.
En pratique
- Écrivez le foyer réel (adultes, enfants, bébé, animaux, régimes) et multipliez 6 litres d’eau par tête.
- Choisissez uniquement des boîtes et du sec déjà acceptés froids, goûtez une référence nouvelle avant d’en stocker six.
- Alignez la DDM la plus proche devant, à hauteur des yeux, et descendez une boîte « bientôt » dans le menu de la semaine.
- Rangez eau et conserves ensemble, hors d’eau, à portée de main, avec un ouvre-boîte qui ouvre vraiment les boîtes à sertissage plein.
- Une fois par an, le même mois que les détecteurs de fumée : boire les vieilles bouteilles, sortir les boîtes bombées ou rouillées, recalculer le foyer, réécrire la liste de porte. Après un week-end où l’on a pioché, on reremplit.