Alimentaire

Conserves sans réchaud : manger froid pendant 72 h

Manger les conserves du placard pendant 72 heures, déjà cuites et goûtées froides, pour tenir à la maison lorsque le gaz et le courant manquent encore.

Conserves et ouvre-boîte sur un plan de travail

Géorisques demande une nourriture « ne nécessitant pas de cuisson ». Pendant 72 heures, le gaz et le courant peuvent manquer, et l’on mange alors froid, dans l’assiette ou dans la boîte. Reste à savoir quoi ouvrir et dans quel ordre. Le volume à ranger relève du stock alimentaire 72 heures, et l’outil pour venir à bout du sertissage de l’ouvre-boîte manuel. Les rations de survie prévoient officiellement quatre menus froids ; le placard, lui, se lit. Le sujet appartient à la rubrique Alimentaire.

L’essentiel

Manger froid pendant 72 heures revient à ouvrir des boîtes déjà cuites que le foyer a goûtées froides, avec un outil, en s’appuyant sur le placard. Le stock indique les quantités et l’ouvre-boîte la méthode ; il reste ici à composer le menu du sans-feu, autour du poisson, des légumineuses, des légumes et d’un sucré, en écartant toute boîte douteuse.

Froid, déjà cuit

Une conserve de lentilles, de thon ou de raviolis est déjà cuite, l’appertisation ayant fait le travail. Le réchaud la rend seulement plus chaude et plus parfumée ; s’en passer coûte du confort, sans rien enlever à la stérilité de la boîte.

Ce qu’on perd tient au goût d’un plat mijoté, au gras qui se fige et à l’envie qui manque, chez les enfants surtout, dès le deuxième soir. Ce qu’on garde, si la boîte est saine, ce sont des calories, des protéines et l’eau déjà contenue dans le produit.

La RCIR officielle assume d’ailleurs le sujet, avec 4 menus sur 14 prévus pour être consommés froids, les autres restant comestibles dans cet état. Au foyer de choisir, avant la coupure, les références déjà goûtées tièdes et froides.

Ce qui se mange froid

On reste sur des produits que le foyer ouvre déjà en pique-nique.

Poisson et viande prêts. Thon, sardines, maquereau, poulet en conserve ou pâté, à l’huile, au naturel ou en sauce. On égoutte quand l’huile lasse, et l’on garde un peu de jus si l’eau est comptée.

Légumineuses cuites. Lentilles, haricots et pois chiches, nature, à la tomate ou en chili déjà lié. Un fond de vinaigre ou de moutarde pris dans le placard relève l’ensemble.

Légumes appertisés. Ratatouille, macédoine, tomates pelées. Le maïs et les petits pois, plus sucrés, passent mieux auprès des enfants quand ils sont froids.

Plats complets déjà liés. Raviolis, chili ou couscous en boîte, à condition d’avoir été goûtés froids au moins une fois, car beaucoup de sauces figent. Autant le découvrir un mardi soir, pendant que le courant fonctionne encore.

Fruits et laitages longue conservation. Fruits au sirop, compotes et lait UHT non ouvert, sachant qu’une fois ouvert et sans frigo, il faut le finir vite. Les yaourts, soumis à une DLC, sortent du stock 72 h.

Sec d’accompagnement. Pain de mie, crackers, biscuits salés.

Le tout se mélange dans une assiette : du thon avec des haricots et des crackers, des lentilles avec une sardine, une compote en dessert. Sur trois jours, c’est un foyer qui mange, pas un restaurant.

FamilleExempleRôle sur 72 h
Poisson / viande prêtsThon, sardines, pâtéProtéines, se mange froid tout de suite
Légumineuses cuitesLentilles, haricotsCalories, un peu d’eau dans la boîte
Légumes et sucréRatatouille, compote, fruit au siropGoût, enfants, dessert

Ce qu’on laisse fermé

Le cru qui doit cuire. Riz, pâtes sèches, semoule, pommes de terre et légumes secs non précuits restent du sable sans eau chaude. Ils attendront un autre menu.

Les sauces qui ne passent que chaudes. Un cassoulet figé ou un confit demeurent comestibles, souvent écœurants froids. Si c’est la seule boîte disponible, on en prend peu, accompagnée d’un fruit au sirop.

Les bocaux maison incertains. Les boîtes industrielles intactes constituent le socle.

Les boîtes douteuses. Bombée, qui fuit ou qui suinte, qui sent le fer, dont le jet est violent à l’ouverture, dont le contenu est mousseux ou dégage une franche odeur d’égout : on jette sans même goûter une pincée. Sur une boîte intacte, une DDM dépassée ne parle que de qualité, le ministère distinguant bien cette date d’un défaut d’emballage.

Trois jours, un ordre

Jour 1. Ce qu’on aime et ce que les enfants acceptent froid, pour tenir le moral. On n’ouvre que ce qu’il faut pour le repas.

Jour 2. Les légumineuses, le poisson et le sec, avec un sucré différent pour faire passer le salé.

Jour 3. Ce qui reste, y compris les boîtes « moins drôles » qu’on mange déjà en temps normal. S’il subsiste le cassoulet figé, on le partage.

Côté eau, les pages 72 h demandent 6 litres par personne en bouteilles, sachant que les conserves apportent déjà du liquide. On garde donc le jus de tomate ou le naturel du thon quand l’eau est comptée. Et comme les conserves sont souvent salées, on boit.

La ration type RCIR pèse 1,5 kg, vise 3 200 kcal et contient un kit de réchauffage dont quatre menus se passent. Autant ouvrir le placard et laisser les packs militaires pour le sac. Un sachet lyophilisé réclame de l’eau chaude, quand une barre d’urgence se contente de combler un creux.

En pratique

  1. Ouvrir une fois, froid, chaque référence que l’on compte stocker. Si personne n’avale les raviolis froids, ils restent un plat du mardi.
  2. Préparer l’ouvre-boîte manuel déjà essayé. Verser dans une assiette : le bord coupe.
  3. Finir une boîte entamée dans la foulée, ou la partager ; une conserve ouverte devient un reste fragile.
  4. Mains propres, assiette propre, cuillère propre. Boîte hors du soleil d’une fenêtre.
  5. Boîte douteuse, vomissements : contacter un professionnel de santé ou un centre antipoison.