Energie

Chauffage d'appoint sans électricité : lequel choisir pour une coupure

Poêle à pétrole à mèche, à gaz ou à bois : quel chauffage d'appoint garder pour une coupure d'hiver, combien de combustible prévoir et les règles contre le CO.

Poêle d'appoint cylindrique allumé au sol d'un salon le soir, à côté d'un canapé couvert d'un plaid en laine et d'une table basse avec thermos et tasse

Le premier soir d’une coupure en plein hiver, la question du chauffage arrive plus vite qu’on l’imagine, parce qu’un logement chauffé par des radiateurs électriques ou par un poêle à granulés se retrouve d’un seul coup sans rien pour compenser les degrés qui s’en vont. J’ai donc regardé de près les appareils qui chauffent réellement sans prise de courant, ceux qu’un foyer peut ranger au garage en attendant janvier, avec en tête une évidence un peu brutale : tout ce qui brûle dans une pièce produit du monoxyde de carbone, et l’Anses compte chaque année en France environ 3 000 personnes intoxiquées par accident, dont une centaine en meurent. Les cinq solutions familiales face aux coupures d’électricité cet hiver posent le décor général, de la lumière aux repas ; ici, je m’en tiens à une seule décision, celle de l’appareil qui gardera la pièce de vie à une température supportable.

L’essentiel

Sans cheminée, le choix le plus simple est un poêle à pétrole à mèche d’environ 2,7 kW, qui chauffe une pièce de 18 à 38 m² et s’allume sur piles. Comptez environ quatre litres de combustible pour trois jours, à raison de deux séances de deux heures par jour, fenêtre entrouverte et détecteur de CO à piles allumé.

Ce qui chauffe encore quand le courant tombe

Avant de comparer, il faut écarter les appareils qui s’arrêtent avec le compteur, et la liste réserve une surprise. Le poêle à granulés dépend du secteur pour sa vis sans fin, son ventilateur et son programmateur, comme le rappelle ENGIE, si bien qu’il s’éteint avec la coupure, sauf modèle spécifiquement conçu pour fonctionner par gravité. Même piège du côté du pétrole : le poêle électronique, celui qui affiche un thermostat et une minuterie, a besoin d’une prise de courant, à l’image du Zibro LC-300 qui réclame 320 W à l’allumage, alors que le poêle à mèche se contente de quatre piles pour l’allumage et brûle ensuite sans courant.

AppareilÉnergiePièce viséeBesoin électriquePoint de vigilance
Poêle à pétrole à mèche (type Zibro RC4027)Combustible liquide, réservoir de 4 L18 à 38 m² (45 à 95 m³)4 piles LR20, allumage seulementSéances de 2 h au plus, pièce aérée
Poêle à gaz sur bouteille (type Cecotec ReadyWarm 4200)Butane ou propane, bouteille jusqu’à 15 kgPièce abritée, usage ponctuelAllumage piézo, aucun secteurBouteille dans la pièce, même règle des 2 h
Poêle à bois déjà raccordé à un conduitBûches sèches, sans vernis ni peintureLa pièce où il est installéAucun pour un poêle à bûches classiqueConduit ramoné, appareil entretenu chaque année
Poêle à granulés, poêle à pétrole électroniqueGranulés, combustible liquideSelon modèleSecteur indispensableS’arrête avec la coupure
Gazinière, four, réchaud, brasero, barbecueGaz, charbon, boisAucuneVariableInterdits pour se chauffer (Anses, Santé publique France)

La dernière ligne mérite qu’on s’y arrête une seconde, parce que c’est souvent le premier réflexe d’une cuisine froide : allumer les feux de la gazinière ou ouvrir le four. Santé publique France range précisément les appareils de cuisson parmi ceux qui ne doivent jamais servir à se chauffer, et le réchaud à cartouche fait pour cuire sans électricité reste donc à sa place, sur le balcon, sous une casserole.

Le poêle à pétrole à mèche, le plus raisonnable en appartement

Pour un logement sans conduit de fumée, c’est l’appareil que je prendrais, essentiellement parce que ses chiffres se lisent facilement et qu’il tient dans un coin de placard. Le Zibro RC-4027, distribué par Toyotomi, annonce entre 2,16 et 2,70 kW, un volume de 45 à 95 m³, soit une pièce de vie de 18 à 38 m², pour une consommation de 0,225 à 0,281 litre par heure et un réservoir de 4 litres qui lui donne de 14,2 à 17,7 heures d’autonomie. Il pèse 9 kg, porte la marque NF, coupe la flamme s’il bascule et s’arrête aussi quand son capteur de CO2 juge l’air trop confiné.

Reste à savoir combien de temps le laisser brûler, et c’est là que le calcul devient intéressant. Si l’on suit Santé publique France et l’Anses, qui limitent un chauffage d’appoint à deux heures de suite, deux séances par jour (le matin au lever, puis en début de soirée) représentent quatre heures de flamme, donc un peu plus d’un litre au réglage maximal, et environ 3,4 litres pour tenir trois jours, ce qui tient dans un réservoir plein, avec un bidon d’avance pour refaire le niveau sans attendre. L’Anses insiste sur le combustible préconisé par le fabricant, celui de la notice de l’appareil, que je garde dans son bidon d’origine, fermé, loin de la pièce chauffée.

Le poêle à gaz sur bouteille, pour une grande pièce et un usage ponctuel

Le poêle à bouteille chauffe plus fort, ce qui le rend tentant pour un séjour mal isolé ou une maison de campagne. Cecotec vend en France son ReadyWarm 4200 BlueFlame Foldable, qui offre deux allures, 1,6 et 4,2 kW, accepte une bouteille de butane ou de propane jusqu’à 15 kg logée à l’intérieur, s’allume au piézo et réunit trois sécurités : anti-basculement, contrôle de l’oxygène et coupure si la flamme s’éteint. Le fabricant précise lui-même qu’il le réserve aux lieux abrités ou à un usage ponctuel, en dehors du chauffage principal, ce qui colle parfaitement avec la consigne du ministère de l’Intérieur sur les appareils mobiles au butane, au propane ou au pétrole, conçus pour fonctionner brièvement et par intermittence.

Je le placerais donc en second choix, pour les foyers qui ont de la place et qui préfèrent changer une bouteille plutôt que manipuler du combustible liquide, en acceptant qu’un appareil de 4,2 kW réchauffe vite une pièce mais oblige à être d’autant plus strict sur l’aération.

Le poêle à bois déjà installé, à préparer dès l’automne

Ceux qui ont un poêle à bûches raccordé à un conduit disposent déjà du meilleur chauffage de coupure, à condition de l’avoir préparé avant les premiers froids. L’Anses demande de faire contrôler chaque année, et avant toute remise en route, les appareils de chauffage et les conduits de fumée par un professionnel qualifié, et Santé publique France rappelle de n’y brûler que du bois sans vernis ni peinture. Un stock de bûches sèches rangé à l’abri suffit ensuite, et le poêle à mèche peut rester en renfort pour une chambre éloignée, toujours par séances courtes.

Les règles de sécurité à afficher près de l’appareil

Les autorités sanitaires convergent sur l’essentiel, et lorsque deux consignes diffèrent, la plus prudente l’emporte, d’autant que les notices varient d’un modèle à l’autre.

  • Deux heures de suite au maximum pour un chauffage d’appoint, dans une pièce aérée (Santé publique France, Anses).
  • Usage par intermittence des appareils mobiles au butane, au propane ou au pétrole, conçus pour un fonctionnement bref (ministère de l’Intérieur).
  • Aérer au moins dix minutes par jour, même par grand froid, en laissant libres les grilles, bouches et dessous de porte (Anses, Santé publique France).
  • Le seul combustible préconisé par le fabricant, et les consignes de la notice suivies à la lettre (Anses).
  • Appareils de cuisson, brasero et barbecue exclus du chauffage, et barbecue comme brasero gardés dehors (Anses, Santé publique France).
  • Groupe électrogène à l’extérieur, hors logement, véranda, garage et cave (Santé publique France).
  • Entretien annuel des poêles, chaudières et conduits par un professionnel qualifié (Anses, Service-Public.fr).
  • Un détecteur de monoxyde de carbone à piles dans la pièce où brûle l’appareil, piles neuves avant l’hiver.
  • Maux de tête, grande fatigue, nausées ou vertiges, surtout s’ils touchent plusieurs personnes en même temps : aérer, arrêter l’appareil, sortir, puis appeler le 15, le 18 ou le 112 (Anses).

Puisque la séance dure deux heures au plus, l’appareil est éteint bien avant le coucher, et c’est sous les couettes, avec une couche de vêtements en plus, que la famille passe la nuit.

Quel appareil pour quel logement

En appartement sans conduit, le poêle à mèche me paraît le bon compromis, avec son réservoir de 4 litres et sa pièce de 38 m² au plus, à condition de regrouper la famille dans la pièce de vie, portes fermées vers les chambres, pour ne chauffer qu’un volume raisonnable. Dans une maison équipée d’un poêle à bûches, l’achat devient presque superflu, et l’effort porte plutôt sur le ramonage et le bois sec. Le poêle à gaz trouve sa place dans une grande pièce, pour des remontées en température rapides et espacées, chez ceux qui stockent déjà des bouteilles. Pour le reste de la maison (le frigo et la box notamment), le guide de l’autonomie énergétique pour tenir le foyer quand le courant lâche prend le relais, et le soir, la lumière peut venir d’une bougie en coupure posée dans un photophore, en se souvenant qu’elle aussi consomme l’air de la pièce.

En pratique

  1. Choisir avant l’hiver : poêle à mèche en appartement, poêle à bûches entretenu en maison, poêle à gaz pour une grande pièce et un usage ponctuel.
  2. Acheter le combustible préconisé par la notice, environ 4 litres pour trois jours avec un poêle à mèche, plus quatre piles LR20 de rechange.
  3. Faire une première mise en route à l’automne, fenêtre entrouverte, pour se familiariser avec l’allumage et le réglage de la mèche.
  4. Installer un détecteur de monoxyde de carbone à piles dans la pièce de vie.
  5. Pendant la coupure, regrouper tout le monde dans une pièce, chauffer par séances de deux heures au maximum et aérer au moins dix minutes par jour.
  6. Éteindre l’appareil avant de dormir et le laisser refroidir avant de remplir le réservoir ou de changer la bouteille.

Produits cités

Chez Amazon, susceptible de changer.

Zibro RC4027, poêle à pétrole à mèche 2,7 kW

Zibro RC4027, poêle à pétrole à mèche 2,7 kW

Pièce de 18 à 38 m², réservoir de 4 L, 0,225 à 0,281 l/h, allumage sur 4 piles LR20, détecteur de CO2 et anti-basculement. Disponibilité variable sur Amazon.

Voir le Zibro RC4027
Cecotec ReadyWarm 4200 BlueFlame Foldable, poêle à gaz

Cecotec ReadyWarm 4200 BlueFlame Foldable, poêle à gaz

1,6 ou 4,2 kW, bouteille butane ou propane jusqu'à 15 kg, allumage piézo. Usage ponctuel selon le fabricant.

66,57 € prix constaté le

Voir le ReadyWarm 4200