Abris anti-atomiques

Retombées radioactives : 24 heures, 14 jours et la règle 7/10

Le CDC dit au moins 24 heures à l’intérieur. Des vendeurs parlent de 14 jours. La règle OSHA 7/10 explique la baisse du débit sans mélanger les deux consignes.

Deux horloges, un seul sujet

Après une explosion nucléaire au sol, Ready.gov parle de retombées. Des particules. Comme du sable. Elles arrivent après le souffle. La page dit : 10 minutes ou plus pour gagner un abri adéquat avant leur arrivée. Puis rester dans le meilleur endroit du bâtiment pendant les premières 24 heures, sauf danger immédiat ou consigne contraire.

Le CDC dit la même durée plancher : rester à l’intérieur au moins 24 heures peut protéger jusqu’à ce qu’il soit plus sûr de sortir. Écouter ensuite les officiels. C’est sur Get Inside et Stay Inside.

À côté, des vendeurs d’abris parlent souvent de 14 jours. Ce n’est pas la consigne CDC. Ce n’est pas non plus une durée magique. Ça recoupe un point de la règle 7/10 publiée par l’OSHA : au bout d’environ deux semaines, le débit d’exposition des retombées d’une détonation a beaucoup baissé par rapport à la première heure.

Deux horloges. On les explique. On ne les mélange pas.

Ce texte remonte vers explosion nucléaire ou accident de centrale. L’accident de centrale a des rejets, un PPI, une iode sur ordre. Ce n’est pas le même calendrier que les 10 minutes de Ready.gov. Voir aussi ce que « abri anti-atomique » veut dire vraiment en France.

Voilà ce que demandent les autorités américaines citées ici. Voilà ce qui aide vraiment : un bâtiment, du temps, une radio. Voilà ce qui est du marketing : coller « 14 jours » comme si c’était le CDC.

Les 10 minutes, puis les 24 heures

Ready.gov, page radiation et page nuclear explosion : après une détonation, vous avez 10 minutes ou plus pour trouver un abri adéquat avant l’arrivée des retombées. Immeuble à plusieurs étages ou sous-sol, si on peut l’atteindre en quelques minutes. Murs de brique ou de béton. Parkings souterrains, métros : cités comme bons abris.

« 10 minutes ou plus » n’est pas « vous avez pile dix minutes ». C’est un ordre de grandeur officiel américain. On ne le transforme pas en chronomètre de film.

Une fois dedans : le lieu le plus protecteur. Sous-sol. Ou centre d’un grand bâtiment. Loin des murs et du toit. Le CDC le répète : les matières se déposent sur l’extérieur des bâtiments.

Rester au moins 24 heures. Ready.gov : les niveaux baissent vite, et deviennent nettement moins dangereux pendant ces 24 heures. Sortir avant, seulement si le bâtiment lui-même devient dangereux (feu, gaz) ou si les autorités le disent.

Le CDC étend le « rester dedans » à d’autres urgences radiologiques, pas seulement l’explosion. Accident de centrale, « bombe sale » : entrer, rester, écouter. La durée « au moins 24 heures » est leur plancher de shelter-in-place, pas une prévision météo française.

En France, pour un accident de centrale, Géorisques dit : rester à l’abri tant que l’alerte l’exige, n’évacuer que sur ordre. On ne colle pas les 24 heures américaines sur un PPI comme si c’était la même horloge. On cite chaque source pour ce qu’elle est.

La règle 7/10, telle que l’OSHA l’écrit

L’OSHA publie la « 7-10 Rule of Thumb ». Règle empirique pour approximer l’évolution du débit d’exposition après une détonation nucléaire, d’après des mesures d’appareils.

Pour chaque multiplication par sept du temps après la détonation, le débit d’exposition est divisé par dix.

L’OSHA prend la première heure comme référence. Alors :

  • à 7 heures, le débit est d’environ 1/10 de celui de 1 heure ;
  • à 49 heures (7 × 7, environ 2 jours), environ 1/100 ;
  • à 343 heures (7 × 7 × 7, environ 2 semaines, donc de l’ordre de 14 jours), environ 1/1000.

Autre formulation de la même page : au bout d’une semaine (7 jours), le débit est d’environ un dixième de la valeur à 1 jour.

L’OSHA ajoute : pour l’exactitude, rien ne remplace une mesure d’appareil. C’est une règle de pouce. Pas un certificat. Pas un motif pour sortir « parce que ça a divisé ».

D’où viennent les 14 jours des plaquettes ? Du troisième palier : 343 heures. Le débit a beaucoup chuté par rapport à la première heure. Ça n’efface pas le besoin d’écouter les autorités. Ça n’égale pas la consigne CDC des 24 heures. Les 24 heures disent : les premières heures sont les plus pénalisantes, restez. Les 14 jours de la règle 7/10 disent : sur deux semaines, la décroissance est forte. Ce n’est pas la même phrase.

On n’invente pas d’autre facteur. Pas de « encore 90 jours ». Pas de courbe maison. OSHA, et on s’arrête.

Tableau : ne pas coller les trois durées

DuréeQui en parleCe que ça ditCe que ça ne dit pas
10 minutes ou plusReady.gov (explosion)Temps pour gagner un abri adéquat avant l’arrivée des retombéesUn chronomètre universel pour un accident de centrale
Au moins 24 heuresCDC, Ready.govRester dans le meilleur local du bâtiment ; le débit baisse vite sur cette période« Après 24 h on sort toujours »
7 h / 49 h / 343 hOSHA, règle 7/10Approximation : ×7 du temps, débit ÷10, après une détonationUne consigne familiale de sortie
~14 jours (343 h)Point 7/10 ; souvent repris par des vendeursDébit ~1/1000 de celui de la 1re heure (OSHA)La durée officielle CDC, ni un PPI français
Tant que l’alerteDoctrine française d’accident (hors de ce tableau US)Écouter le préfet ; n’évacuer que sur ordreUn nombre d’heures unique pour tous les rejets

Lire le tableau de haut en bas. Pas en diagonale.

Ce qu’on fait pendant qu’on est dedans

Les pages CDC / Ready.gov sont concrètes. On les suit comme une liste, pas comme un roman.

Fermer portes et fenêtres. Couper ce qui tire l’air du dehors. Cheminée fermée.

Si on était dehors : couche extérieure de vêtements retirée avec soin. Ready.gov : jusqu’à 90 % du matériau radioactif peut partir avec cette couche. Mettre ces vêtements dans un sac. Loin des gens et des animaux. Se laver peau et cheveux découverts, savon et eau. Pas de lingettes ménagères sur la peau. Le gel hydroalcoolique ne protège pas contre ce dépôt, dit Ready.gov.

Animaux : les rentrer si on peut. Les laver. Le CDC le détaille. Nourriture d’animaux en contenants fermés : essuyer avant d’ouvrir.

Nourriture et boisson déjà à l’intérieur : considérées comme sûres. Contenants scellés qui étaient dehors : essuyer avant. Aliments ouverts restés dehors : ne pas les consommer tant que les autorités n’ont pas dit le contraire. Ready.gov : pas le jardin, pas ce qui était à l’air.

Eau du robinet : le CDC dit que les agences testeront. Faire bouillir n’enlève pas les matières radioactives. Se laver avec reste possible selon cette page.

Médicaments déjà à l’intérieur : on continue. Boîte restée dehors : essuyer, puis continuer, toujours selon le CDC.

Ne pas sortir « pour voir le nuage ». Ne pas aller chercher quelqu’un dans un autre bâtiment, dit le CDC, parce que ça expose les deux. Les écoles ont un plan. C’est dur. C’est la page.

Radio. Téléphone si le réseau tient. Consigne. En France, pour un accident, ce sera FR-Alert, sirènes, médias publics. On ne remplace pas ça par une règle de pouce américaine.

Accident de centrale : ne pas coller la règle 7/10

La règle 7/10 de l’OSHA est écrite pour le décroissance des retombées d’une détonation. Mélange de radioéléments à vie courte, déposés après l’explosion.

Un accident de centrale, ce n’est pas ça. Rejets possibles d’iodes, de gaz, d’autres produits. Durée variable. Composition variable. Distance variable. Le CDC dit d’entrer et d’écouter les officiels. Il ne plaque pas 7/10 sur une centrale.

Coller « 14 jours de bunker » sur un PPI français, c’est du mélange. Voilà ce qui est du marketing. Voilà ce qui aide vraiment : la consigne du préfet, le bâtiment, l’iode seulement si elle est ordonnée.

Les 24 heures CDC restent un plancher utile à connaître. Elles ne remplacent pas un arrêté préfectoral.

Limites, sans panique

On n’a pas de chiffre français d’abris. On n’en invente pas.

On n’a pas de mesure de débit à la maison dans ces pages. L’OSHA dit que l’appareil bat la règle. Un dosimètre grand public n’est pas FR-Alert. Autre page du dossier, autre objet.

On n’écrit pas qu’il faut « tenir deux semaines sinon rien ». On écrit : le CDC vise au moins 24 heures. La règle 7/10 explique pourquoi des textes parlent de ~14 jours. Les autorités peuvent dire de rester, ou de partir, ou de se déplacer vers un meilleur bâtiment. On écoute.

Je n’ai pas d’essai terrain. Personne ici n’en revendique. Sources, date de vérification, phrases courtes.

Les retombées se déposent sur les surfaces. D’où le sous-sol, le centre, la distance aux murs. Ça, c’est le prochain geste, le béton et la terre. Ici, on a seulement tenu l’horloge.

24 heures. 14 jours. 7/10. Trois phrases. Pas une seule.