Abris anti-atomiques

Prix d'un abri anti-atomique en France : les postes de coût

Étude de sol, béton, étanchéité, filtration, portes, urbanisme, nappe et accès : ce qui fait le prix d'un ouvrage, module, coulé ou kit, sans fourchette inventée.

Devis, calculatrice et échantillon de béton sur une table de travail, pour les postes de coût d’un ouvrage.

Je n’ai aucun tarif à coller sur cette page.

Les catalogues en ligne alignent des modules et des sommes, mais je ne dispose d’aucune source primaire honnête pour ces fourchettes. Je ne les recopie donc pas, et je n’en invente pas davantage. Un prix sans poste n’est qu’une affiche.

Ce texte sert à lire un devis, poste par poste. Pour savoir ce que l’objet est censé être, on revient vers l’abri NRBC ou cave renforcée.

Pourquoi je ne donne pas de « prix moyen »

Un local de 8 m² sous un jardin sec, avec accès camion, hors nappe et hors PPRI, n’a rien à voir avec le même cube sous une nappe, en secteur ABF, avec grue et cuvelage. Le béton ne représente qu’une ligne ; l’eau, l’accès, le papier et les portes font tout le reste.

Je ne dispose d’aucune enquête de marché sourcée. Service-Public donne des barèmes d’urbanisme, pas le prix du mètre cube d’ouvrage de protection, et l’OFPP décrit des composants, pas un ticket français. Restent donc les postes, sans magie.

Tableau des postes

PosteCe qu’il paieCe qui le fait gonflerCe qu’un devis sérieux montre
Étude de solSondages, nappe, portance, argiles, pollution éventuelleNappe haute, remblais, cavités, PPRIRapport géotechnique, pas une phrase
Terrassement et accèsFouille, évacuation, grue, chemin de chantierRuelle étroite, sous-sol existant, déblais loinCubage, moyen de levage, sujétions
Béton et ferraillageEnveloppe, radier, dalle, mursÉpaisseur, reprises, acier, hauteur d’eauPlans d’exécution, dosages, armatures
ÉtanchéitéCuvelage, joints, passages de gainesNappe, fissures, percements tardifsProcédé, garantie d’étanchéité, détails
Portes et voletsFermetures d’enveloppeDimensions, essais cités, cadreType, notice, conditions de pose
FiltrationPrise d’air, VAE, préfiltre, VA, GF, soupapeTypes RET, rechanges, sans électricitéChaîne complète, pas une ligne « NRBC »
Sortie de secoursSecond chemin, volet, puitsProfondeur, décombres, mitoyennetéPlan, dégagement, volet
SasSecond volume, seconde portePlaces, cubage, rinçageOui/non, justifié par la taille
UrbanismeDP ou PC, architecte, taxe d’aménagementSurface, secteur, 150 m², taux locauxFormalité nommée, taxe estimée
Réseaux et second œuvreÉclairage, évacuations, radio, litsOptions confortSéparé du gros œuvre
Contrôle et entretienRéglages, pièces, filtresOubli dès la réceptionNotice, périodicité, qui intervient

Tout ce qui n’a pas de ligne reviendra en avenant, ou n’existera jamais.

Étude de sol

Avant le fer vient le terrain : portance, eau, argiles, anciennes caves, réseaux. Géorisques donne l’aléa à l’échelle de la commune, ce qui ne remplace pas un géotechnicien sur la parcelle.

Les ITC 2017, prises comme cahier des charges suisse, énoncent le principe : ne pas construire l’ouvrage dans la nappe, et si l’on ne peut pas l’éviter, discuter étanchéité, accès, sorties et ventilation avec l’autorité. La France n’a pas cette autorité, mais elle a l’eau quand même. Un devis qui annonce qu’« on verra au terrassement » vous fait porter le risque.

En zone PPRI, un sous-sol peut être purement interdit. Le poste devient alors zéro ouvrage, ou un volume hors crue. Ce n’est pas une remise, c’est un non.

Béton, ferraillage, étanchéité

L’OFPP demande une enveloppe en béton armé, et les ITC 2017 fixent une épaisseur minimale de 300 mm pour les dalles et les murs extérieurs, davantage si le calcul rayonnement ou onde l’exige. Copier ce cahier des charges revient à accepter ce volume de matière. Moins épais, il s’agit d’un autre objet, et autant le dire.

Coulé sur place, cela suppose coffrage, acier, béton, cure et reprises, donc du temps de chantier, un accès toupie et un contrôle.

En module préfabriqué, l’usine porte une partie du béton, tandis que le chantier porte la fouille, le radier d’assise, le transport, la grue, les joints entre éléments et les raccordements. Le camion et la grue constituent des postes à part entière, pas des détails.

En kit dans une cave existante, on économise du béton neuf au prix d’une limite claire : la cave a les murs qu’elle a. Le kit paie surtout les portes, la filtration et le calfeutrage, sans transformer un parpaing en ITC 2017.

L’étanchéité, enfin, reste un poste à part : nappe, joints de reprise, passages de gaine, écarteurs de coffrage. L’OFPP demande d’obturer ces trous, et un cuvelage raté finit littéralement par pourrir le reste.

Filtration et portes

Deux lignes souvent compressées, qui ne devraient pas l’être.

Pour les portes et volets blindés, l’enveloppe s’arrête là où ça ferme. Un devis mentionnant une « porte renforcée » sans type ne permet aucune comparaison ; le cadre, les seuils, la quincaillerie et les essais éventuels constituent le poste.

Pour la filtration, la chaîne prise d’air, VAE, préfiltre, VA, GF, soupape représente plusieurs fournitures, plus la pose et les rechanges. Un GF se remplace, un VA vient avec sa notice, et il faut encore de l’air en l’absence d’électricité. On n’est pas au prix d’un carton.

Je n’écris aucun tarif pour ces pièces : les RET suisses existent, mais je n’ai pas les factures françaises en source primaire.

Urbanisme : le poste papier

Ce n’est pas du béton, et cela se paie quand même.

Une déclaration préalable ou un permis demandent du temps, des pièces, parfois un géomètre, parfois un paysagiste d’insertion. L’architecte devient obligatoire pour un particulier en permis dès que la surface de plancher du bâtiment dépasse 150 m², et ne l’est jamais pour une DP. Ses honoraires constituent un poste variable, que son propre devis chiffre : on n’invente pas le pourcentage.

La taxe d’aménagement est due après une DP ou un permis, pour une surface close et couverte de plus de 5 m² en général. La formule de Service-Public multiplie la surface taxable par la valeur forfaitaire, puis par la somme du taux communal et du taux départemental. La valeur 2026 s’établit à 892 € par m², le taux communal se situe souvent entre 1 % et 5 %, jusqu’à 20 % dans certains secteurs, et le taux départemental plafonne à 2,5 %. Toute construction inférieure ou égale à 5 m² est exonérée. Un abattement de 50 % s’applique de droit sur les 100 premiers m² d’une résidence principale et de ses annexes, si bien qu’un local attenant, ou traité comme annexe de la résidence principale, change le calcul. Quant à l’exonération facultative jusqu’à 20 m², votée par le conseil municipal, elle vise les abris de jardin, les serres de jardin à usage non professionnel, les pigeonniers et les colombiers : un local enterré de protection ne figure pas sur cette liste.

L’État publie un exemple, qui ne porte pas sur un abri : 50 m² à 3 % plus 2,5 % donnent 2 453 € de taxe. Cet exemple applique les 892 € par m² sans l’abattement résidence principale. Votre surface, vos taux et, le cas échéant, cet abattement produiront un autre chiffre. Le détail des seuils figure dans ce que dit le droit de l’urbanisme.

En secteur protégé, sous l’œil de l’ABF ou sur un site classé, s’ajoutent des délais, des pièces, et parfois un refus pur et simple. Le poste peut alors se résumer à « on ne construit pas ».

Accès, nappe, mitoyenneté

La grue engage une location, la portance du sol, le survol du voisin et une autorisation de voirie. Un module de plusieurs tonnes sans accès impose un autre mode constructif, donc un autre devis.

La nappe entraîne un pompage provisoire, un cuvelage, parfois un abandon. Le point 6.2.3 des ITC 2017 évoque un niveau piézométrique situé à plus de 1,5 m au-dessus de la face inférieure du radier, en type Id, comme un cas à traiter avec l’autorité. Chez nous, ce sera avec le bureau d’études.

La mitoyenneté, enfin, met en jeu les reculs du PLU, le vis-à-vis, les réseaux enterrés et les racines. Un puits de sortie de secours contre le mur du voisin n’est jamais « compris ».

Module, coulé, kit : différences de poste

Il ne s’agit pas de trois prix, mais de trois structures de devis.

Coulé sur place. Les postes lourds sont l’étude, la fouille, le béton, le ferraillage, l’étanchéité et le temps. On y gagne une souplesse de forme, mais tout dépend du chantier français, entre la pluie, la toupie et le maçon. Les portes et la filtration restent des fournitures rapportées.

Module. Les postes lourds deviennent la fabrication, le transport, la grue, la fouille d’accueil et les joints. Moins de coffrage sur place, davantage de logistique. L’urbanisme, lui, ne disparaît pas : un cube posé au jardin reste une construction, avec les mêmes seuils de 5 m², de 20 m², de permis et de taxe.

Kit dans l’existant. Les postes lourds tiennent aux portes, à la chaîne de filtration, au calfeutrage et parfois à un peu de béton local, tandis que le gros cubage neuf disparaît. La limite est nette : l’enveloppe n’est pas celle des ITC 2017, il s’agit d’une cave améliorée, utile ou non selon le local, mais jamais d’un ouvrage OFPP. L’écrire dans le devis relève de l’honnêteté ; ne pas l’écrire relève d’un autre métier.

Un kit « 6 places » qui oublie la nappe, la DP et la sortie de secours n’est pas moins cher : il est incomplet.

Ce que je voudrais voir en bas de page

Une somme de postes plutôt qu’une ligne unique. Des options séparées, sas, lits, WC secs, que l’OFPP mentionne côté équipement suisse sans qu’ils relèvent du gros œuvre. Un entretien chiffré à part, un urbanisme à part, et des aléas nappe et accès assortis d’une réserve écrite plutôt que d’un silence.

Je paierais pour un rapport de sol et un plan, jamais pour un slogan. Sur un jardin, si le premier poste, le PPRI, dit déjà non, on s’arrête là : la cave dont on dispose reste le local de la consigne. L’ouvrage, lui, n’existe que si le terrain, le papier et la chaîne d’air sont nommés.

Des lignes, donc. C’est déjà le prix le plus utile.