Le soir de la première coupure, bien des foyers qui avaient posé des panneaux sur le toit ou sur la rambarde découvrent que leur installation s’est arrêtée en même temps que le réseau, alors que le voisin qui déplie un tapis solaire devant sa porte continue, lui, de remplir sa station électrique. Les deux captent pourtant la même lumière, et ce qui les sépare tient surtout à l’endroit où arrive le câble. Avant d’acheter un panneau pour les jours de panne, la question à trancher porte donc sur le branchement plus que sur la puissance. Si vous possédez déjà un kit solaire de balcon, sa page dédiée explique ce qu’il devient pendant la coupure ; celle-ci vous aide à choisir le panneau qui prendra le relais et à le relier correctement.
L’essentiel
Pour la coupure, choisissez un panneau pliable de 100 ou 220 W relié à l’entrée solaire d’une station déjà chargée, puisque le kit raccordé au compteur s’arrête avec le réseau. Une DELTA 2 accepte jusqu’à 500 W d’entrée, un seul 220 W y tient donc. Dépliez-le le matin, rentrez-le le soir, et testez le câble avant l’hiver.
Deux circuits, deux destins
| Montage | En production | En coupure |
|---|---|---|
| Kit balcon / PV raccordé réseau | Injecte, abaisse la facture | S’arrête (anti-îlotage) |
| Panneau portable → station | Remplit 1024 Wh ou 2048 Wh | Continue, si jour et câble |
| Chargeur USB 10-30 W | Téléphone, powerbank | Continue, petit débit |
Le premier montage, celui du kit de balcon ou des panneaux qui injectent sur le réseau, passe par un onduleur tenu de se découpler dès que la tension disparaît. L’arrêté du 9 juin 2020 en fait une condition du raccordement, et Enedis le rappelle dans ses pages destinées aux producteurs, l’objectif étant que la ligne reste hors tension pendant que les équipes interviennent dessus. Même sous un franc soleil, ce montage reste donc à l’arrêt jusqu’au retour du courant.
Le second relie le panneau à une batterie, et à elle seule, si bien qu’il continue de travailler pendant la panne. L’EcoFlow 220 W bifacial, qui produit jusqu’à 220 W par sa face avant et 155 W par sa face arrière, pèse 9,5 kg, supporte la pluie (il est classé IP68) et se branche en XT60 ; comme la DELTA 2 accepte jusqu’à 500 W sur son entrée solaire, un seul de ces panneaux reste sous le plafond de la station. Le Jackery SolarSaga 100 W, plus léger avec ses 3,6 kg et lui aussi IP68, remplit la batterie plus lentement, en échange de quoi il offre des prises USB-C et USB-A qui rechargent un téléphone sans passer par la station. Le comparatif 100 W / 220 W les détaille côte à côte si vous hésitez entre les deux.
Lequel acheter pour la coupure
Le bon choix dépend surtout de votre logement et de la station que vous possédez déjà. En maison avec jardin ou terrasse, le 220 W convient mieux à une batterie de 1024 Wh comme la DELTA 2, et ses 9,5 kg comptent peu quand il se déplie à quelques mètres de la porte-fenêtre. En appartement, le SolarSaga 100 W se porte plus facilement jusqu’au balcon ou au rebord d’une fenêtre, quitte à accepter une recharge plus lente, et ses sorties USB dépannent les téléphones même quand la station est restée à l’intérieur.
Si vous partez de zéro, le kit 1 kWh réunit déjà une station et un panneau compatibles, ce qui vous évite d’accorder vous-même les connecteurs et la puissance d’entrée. Le hub autonomie replace ensuite cet ensemble parmi les autres réserves du foyer, de l’éclairage au maintien du froid.
Brancher le panneau en sécurité
Quelques précautions encadrent ce branchement :
- laissez l’installation raccordée au réseau telle qu’elle a été déclarée : son découplage relève de l’arrêté du 9 juin 2020 et des règles de raccordement publiées par Enedis, et toute modification passe par un électricien qualifié ;
- reliez le panneau portable uniquement à l’entrée solaire de la station, avec le câble prévu par le fabricant, en restant sous la puissance d’entrée indiquée dans la notice (500 W pour la DELTA 2) ;
- branchez vos appareils sur les prises de la station elle-même, plutôt que de la raccorder à une prise murale ou au tableau pour alimenter toute la maison ;
- installez le panneau dehors et gardez la station à l’abri, au sec ; les notices varient sur les conditions d’usage, retenez la consigne la plus prudente.
En pratique
- Repérez où vont vos panneaux actuels : au compteur (micro-onduleur, contrat de raccordement) ou à une station (XT60, MC4 vers un boîtier).
- S’ils vont au compteur, achetez une station, chargez-la sur une prise, puis ajoutez un panneau portable pour le jour de la coupure.
- Branchez une première fois le panneau sur la station avant l’hiver, pour contrôler le câble et lire la puissance reçue sur l’écran.
- Le jour J, dépliez le panneau face au sud en relevant son angle, puis rentrez-le le soir avec la station.
- Dimensionnez la batterie avec le simulateur d’autonomie, en comptant le panneau comme un appoint qui vient la compléter.
Pendant une coupure, le panneau prolonge ainsi une batterie remplie à l’avance, et il tient ce rôle aussi longtemps qu’il reste tourné vers le jour et que la station accepte la charge, raison de plus pour l’aborder avec une jauge pleine.