Un chargeur solaire de sac à dos sert à tenir un téléphone, un GPS ou une powerbank quand il n’y a plus de prise. Il ne s’agit ni d’un kit toiture, ni d’une station familiale d’1 kWh. Les fiches qui suivent proviennent des fabricants, et aucun essai terrain n’est revendiqué ici. Panneau USB, powerbank et station se rangent tous dans la rubrique Energie.
Ce que vend vraiment la mention « 28 W »
La puissance nominale se mesure en conditions de test standard, soit 1000 W/m² à 25 °C. BigBlue le rappelle explicitement sur la fiche du SolarPowa 28 : la puissance réelle est inférieure. Nuages, ombre, mauvais angle, chaleur ou câble médiocre font chuter le courant.
Concrètement, un panneau « 28 W » ne délivre pas 28 W dans un USB. Les trois modèles comparés ici sortent tous en 5 V. Sur le SolarPowa 28 équipé d’un ampèremètre, BigBlue annonce 20 W de travail, avec 5 V / 2,4 A par port et 5 V / 4 A au total. Sur le Nomad 10, Goal Zero annonce 10 W de panneau mais 7,5 W maximum en USB, soit 5 V / 1,5 A. Sur le PS30, Anker donne un USB-C en 5 V / 3 A, soit 15 W, et un USB-A en 5 V / 2,4 A.
Aucun de ces ports n’est un chargeur USB Power Delivery en 20 V. Un PC portable, une station EcoFlow ou un frigo 12 V ne relèvent donc pas de ces kits.
Panneau seul ou powerbank : le vrai choix
Les trois chargeurs cités ne stockent pas l’électricité. BigBlue l’écrit pour le SolarPowa 28, qui n’a pas de batterie ; Goal Zero conseille d’associer le Nomad 10 à une banque d’alimentation de la gamme Flip ou Venture ; Anker positionne le PS30 pour téléphones et tablettes, en plein soleil.
En randonnée comme en coupure, le schéma utile est donc le suivant :
- Le panneau charge une powerbank dès qu’il y a du soleil.
- Le téléphone se recharge ensuite depuis la powerbank, de jour comme de nuit.
- On évite de brancher le smartphone directement sur un courant qui varie avec chaque nuage.
Il existe des « powerbanks solaires » tout-en-un, avec un petit capteur collé sur une batterie. Ce capteur développe souvent 1 à 5 W : utile en appoint, beaucoup trop lent pour servir de source unique. Mieux vaut un panneau de 10 à 30 W et une batterie USB-C séparée, déjà chargée au départ.
Trois usages, trois formats
| Usage | Ce qui compte | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Rando légère, 1 téléphone | Poids, format plié, béquille | 10 W, ~500 g |
| Bivouac, 2–3 appareils USB | USB-C, plusieurs ports, mousquetons | 20–28 W, ~650–700 g |
| Famille, balcon, coupure courte | Étanchéité, 2 ports, un peu plus de surface | 30 W, ~1,1 kg, IP65 |
Une coupure à la maison n’impose pas les mêmes contraintes qu’un GR. Sur un balcon, 1,1 kg ne pose aucun problème ; dans un sac de 40 L, 500 g de plus se discutent. Le besoin électrique, lui, ne change pas : de l’USB en 5 V, pas le réfrigérateur.
BigBlue SolarPowa 28 : le kit USB-C de rando
Fiche BigBlue (version avec ampèremètre, UPC 768390608519) :
- puissance nominale 28 W, puissance de travail 20 W ;
- 1 USB-A + 1 USB-C, 5 V / 2,4 A par port, 5 V / 4 A partagés ;
- cellules monocristallines à contact arrière, rendement annoncé jusqu’à 25,4 % ;
- 670 g ; plié 282 × 160 × 33 mm ; déplié 282 × 840 × 5 mm ;
- œillets, mousquetons, poche zippée.
L’ampèremètre permet de vérifier l’orientation. Quand l’affichage reste bas, on tourne le panneau, on sort de l’ombre ou l’on change de câble. C’est un outil de diagnostic, non une preuve de « charge rapide ».
Une variante existe sans ampèremètre, avec trois ports, deux USB-C et un USB-A. Même logique : aucun stockage, du soleil obligatoire, une sortie en 5 V. Pour un sac, 670 g et un format de magazine restent dans la niche randonnée, loin d’un panneau de camping-car.
La limite mérite d’être dite : par ciel couvert, un 28 W nominal entretient à peine une powerbank. Autant partir batterie pleine.
Goal Zero Nomad 10 : le plus compact des trois
Fiche Goal Zero :
- 10 W nominaux, cellules monocristallines ;
- USB 5 V, jusqu’à 1,5 A (7,5 W max) ;
- 510 g ; plié 24,1 × 18,4 × 3,2 cm ; déplié 24,1 × 36,8 × 1,9 cm ;
- béquille réglable, station d’accueil pour batteries Flip.
C’est le format « un téléphone, une frontale, une journée ensoleillée ». Goal Zero publie des fourchettes de charge pour ses propres batteries, de 2,5 à 5 h pour une Flip 12 et de 4,5 à 9 h pour une Venture 30, en supposant du soleil utile. Ces durées ne se transposent pas telles quelles à n’importe quelle powerbank du marché.
L’intérêt tient à la faible surface et à la béquille, qui permet de viser le soleil sans poser le panneau à plat dans l’herbe. La limite tient à l’unique USB-A plafonné à 7,5 W : deux smartphones simultanés sortent du cadre, et un week-end en famille encore plus.
Anker SOLIX PS30 : le 30 W de balcon et de camp
Fiche Anker SOLIX et support A2426 :
- 30 W de crête ;
- USB-C 5 V / 3 A, USB-A 5 V / 2,4 A ;
- IP65 (pluie, poussière ; Anker interdit l’immersion) ;
- 1,10 kg ; plié 272 × 224 × 43 mm ; déplié 904 × 272 × 18 mm ;
- plage d’usage -20 °C à 60 °C ;
- public annoncé : téléphones et tablettes.
Le PS30 pèse le double du Nomad 10, en échange de plus de surface, d’un USB-C et d’un indice IP supérieur. Pour une coupure de quelques heures sur un rebord de fenêtre ou une table de camping, le kilo se justifie. Anker précise en revanche qu’une charge derrière une vitre fonctionne mal : il faut sortir, face au soleil.
La limite reste l’USB-C en 5 V, très loin de 45 ou 65 W. Une tablette se chargera, un ordinateur non. Et pour tenir une box, un frigo ou l’éclairage d’un appartement, il faut une station portable, pas ce panneau.
Comment choisir sans se faire avoir par l’étiquette
- Lire la sortie USB, pas seulement les watts du panneau. 10 W de cellules et 7,5 W d’USB, ce n’est pas la même chose.
- Vérifier l’absence de batterie. Si le texte dit « ne stocke pas l’énergie », il faut une powerbank.
- Compter le poids déplié dans le sac, pas sur la photo marketing. 500 g, 670 g, 1,1 kg : trois usages.
- IP44 ou IP65 concerne le panneau, rarement le boîtier USB ouvert sous une averse. On range les ports, on ne lave pas le chargeur au jet.
- Un câble USB-C certifié change plus le résultat qu’un second panneau bas de gamme.
Côté budget, ces trois références se vendent généralement entre une cinquantaine et une centaine d’euros selon les périodes. Comme les prix bougent, la page n’en fige aucun.
En coupure familiale, à quoi ça sert vraiment
Un chargeur solaire USB maintient le téléphone, la radio à batterie, la lampe frontale et éventuellement une petite powerbank. Il ne remplace pas le secteur, ne tient pas un réfrigérateur et ne recharge pas une station 1 kWh en une après-midi.
Le duo qui fonctionne en coupure tient en trois lignes :
- une powerbank 10 000–20 000 mAh déjà chargée (plusieurs cycles de téléphone) ;
- un panneau 20–30 W pour la recharger si la coupure dure et s’il y a du soleil ;
- l’éclairage et la radio dans un autre tiroir, testés avant l’hiver.
Sans soleil, en novembre gris ou dans une cour intérieure, le panneau ne produit rien. La batterie préchargée, elle, sert toujours.
En résumé
Pour un sac léger et un seul appareil, le Nomad 10 convient, à condition d’accepter ses 7,5 W d’USB. Pour un bivouac avec des câbles USB-C, le SolarPowa 28 fait le travail, powerbank à côté. Pour un balcon, un camp familial ou une pluie fine, le PS30 et ses 1,1 kg en IP65 s’imposent, toujours en 5 V.
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