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Sac de retour à domicile : quoi garder au bureau pour rentrer à pied

La liste du sac à garder au bureau ou en voiture pour rentrer à pied quand grève, panne ou tempête arrêtent les transports, et le plan simple qui l'accompagne.

Sac à dos vert kaki posé sur une chaise de bureau, une bouteille isotherme et des vêtements dépassant de l'ouverture, devant un bureau en bois où sont alignés une bouteille d'eau, des chaussures de marche, une veste de pluie pliée, une lampe frontale, une batterie externe, des barres de céréales, une carte papier et une trousse de secours, avec par la fenêtre une avenue bordée d'immeubles sous la pluie au crépuscule

Il suffit d’un mouvement de grève annoncé la veille au soir, d’une panne de signalisation ou d’un coup de vent qui couche des arbres sur les voies pour que le train du retour reste en gare, et l’on se retrouve alors sur un quai, en chaussures de ville, avec un téléphone presque vide et plusieurs heures de marche devant soi. Le sac de retour à domicile (les anglophones parlent de « get home bag ») a été pensé pour ce soir-là : un petit sac à dos qui attend sous le bureau ou dans le coffre, assez léger pour être porté sur des kilomètres, et rempli de ce qui permet de rejoindre le foyer au sec et en restant joignable. Il reprend les listes officielles de kit d’urgence, conçues pour la maison, et les ramène à ce que l’on peut raisonnablement porter sur le dos.

L’essentiel

Gardez sous le bureau un sac à dos léger avec des chaussures de marche déjà rodées, une veste de pluie, une frontale, une batterie pleine, une carte papier, environ deux litres d’eau pour la journée, des en-cas et une petite trousse. L’erreur classique consiste à partir en pleine vigilance rouge, alors qu’attendre à l’abri est plus sûr.

Ce que l’on met dans le sac

La liste tient en une dizaine d’objets, et chacun répond à une gêne précise du trajet à pied, des ampoules qui apparaissent au bout d’une heure jusqu’à la carte en ligne qui cesse de charger quand le réseau sature. Le tableau rapproche chaque élément du repère officiel dont il découle, les listes françaises de kit d’urgence pour l’essentiel, et Ready.gov, le site de préparation de l’agence fédérale américaine FEMA, qui prévoit explicitement un kit pour le lieu de travail.

ÉlémentCe que l’on prendCe que cela éviteRepère officiel
SacPetit sac à dos à deux bretelles, déjà portéLes mains prises et l’épaule sciée par un cabasReady.gov : un contenant à emporter d’un geste
ChaussuresUne paire de marche confortable, rodéeLes ampoules après quelques kilomètres en chaussures de villeReady.gov : chaussures de marche confortables dans le kit de travail
EauEnviron 2 litres par personne pour la journéeLa soif sur un trajet longSécurité civile : 6 litres par personne pour trois jours
LumièreFrontale et piles de rechangeMarcher de nuit le téléphone à la mainKit d’urgence officiel : lampe avec piles de rechange
ÉnergieBatterie externe chargée et son câbleLe téléphone éteint au moment d’appelerKit officiel : chargeur ; Ready.gov : batterie de secours
OrientationCarte papier où l’itinéraire est tracéLa carte en ligne qui ne charge plusReady.gov : cartes locales
Pluie et froidVeste imperméable, bonnet, gants, une couche chaudeLe froid humide en fin de trajetMétéo-France, vigilance grand froid
TroussePansements, compresses, traitement habituel, lunettes de secoursUne ampoule ou une coupure mal protégéeKit d’urgence officiel
En-casBarres, fruits secs, rien qui demande une cuissonLe coup de fatigue à mi-cheminKit officiel : nourriture non périssable sans cuisson
DiversUn peu d’argent liquide, double des clésUn distributeur en panne, une porte ferméeKit d’urgence officiel

Le sac d’évacuation 72 heures suit le chemin inverse, puisqu’il quitte la maison avec toute la famille et porte de quoi tenir trois jours, alors que celui-ci accompagne une seule personne le temps d’une soirée ou d’une nuit, ce qui permet d’en garder la logique tout en le réduisant à ce qui se porte en marchant.

Le sac et les chaussures d’abord

Tout le reste dépend de ces deux choix, et c’est souvent là que le sac du bureau échoue, parce qu’on y glisse une paire neuve jamais portée ou un sac de week-end trop grand qui finit par peser sur les épaules au bout d’une heure. Un petit sac à dos déjà utilisé en promenade, avec deux bretelles réglées à sa taille, suffit largement, et sa contenance modeste a l’avantage d’interdire d’emblée les ajouts superflus. Pour les chaussures, Ready.gov les mentionne en toutes lettres dans le kit de travail, et l’on comprend pourquoi dès qu’on a parcouru quelques kilomètres de trottoir en mocassins , et une paire de marche déjà rodée, rangée avec des chaussettes de rechange, mérite la première place dans le sac.

Si vous venez travailler en voiture, le sac peut dormir dans le coffre, à côté du kit d’urgence voiture, à condition de penser à le prendre sur l’épaule le jour où l’on abandonne le véhicule dans un parking pour finir à pied.

Eau, en-cas et petite trousse

Les listes officielles comptent 6 litres d’eau par personne pour trois jours, soit environ deux litres par jour, et c’est ce repère que l’on garde pour une journée de marche, quitte à alléger si le trajet est court. Une grande bouteille dans le sac, complétée par une gourde remplie au moment de quitter le bureau, fait l’affaire, l’eau du sac étant à renouveler au même rythme que le reste du contenu. Côté nourriture, quelques barres de céréales ou un sachet de fruits secs suffisent, puisque l’idée est de tenir jusqu’au soir sans réchaud, comme le demandent les listes de kit d’urgence pour la nourriture.

La trousse reste petite, avec des pansements et quelques compresses pour les ampoules auxquels on ajoute le traitement que l’on prend chaque jour et, si l’on en porte, une paire de lunettes de secours, éléments que la Sécurité civile inscrit déjà dans le kit de la maison.

Lumière, batterie et carte papier

Rentrer à pied un soir d’hiver, c’est presque toujours finir de nuit, et une frontale laisse les mains libres pour tenir une rampe, consulter la carte ou ouvrir une porte ; la lampe frontale pour une coupure détaille le choix entre piles et recharge USB, les piles de rechange restant la solution la plus simple pour un sac qui attend des mois sous un bureau. La batterie externe sert surtout au téléphone, qui reste le moyen de prévenir les siens et de recevoir les consignes, et un format de poche de l’ordre de 10 000 mAh, avec son câble attaché, tient dans une poche latérale.

Le téléphone mérite d’ailleurs une précaution : FR-Alert, le système d’alerte de l’État, s’affiche même sur un écran verrouillé et sans application à installer, mais le message reste muet sur un appareil éteint ou passé en mode avion, si bien qu’il vaut mieux économiser la batterie en baissant la luminosité qu’en coupant le réseau. Quant à la carte papier, Ready.gov la range parmi les objets de base, et elle prend tout son sens le soir où la carte en ligne refuse de se charger : une feuille imprimée de son itinéraire, avec deux variantes tracées au surligneur, pèse quelques grammes et se replie dans une pochette plastique.

Pluie et froid : les consignes de Météo-France

La veste de pluie pliée au fond du sac compte autant que la frontale, car c’est souvent l’eau, bien plus que le froid lui-même, qui rend la fin du trajet pénible. En vigilance grand froid, Météo-France donne quelques consignes qui valent pour toute marche hivernale :

  • s’habiller de plusieurs couches, avec une couche extérieure imperméable au vent et à l’eau ;
  • se couvrir la tête et les mains, d’où le bonnet et les gants roulés dans une poche ;
  • retirer les vêtements humides dès que possible, ce qui justifie une couche sèche de rechange ;
  • éviter les efforts brusques et les sorties le soir et la nuit lorsque le froid est intense ;
  • demander conseil à son médecin, certains médicaments présentant des contre-indications par grand froid ;
  • surveiller les frissons et l’engourdissement des extrémités, premiers signes d’hypothermie, et appeler le 15, le 18 ou le 112 s’ils s’aggravent.

Partir à pied ou attendre au bureau

Avoir un sac prêt ne signifie pas qu’il faut se mettre en route à tout prix. Ready.gov conseille d’ailleurs de pouvoir rester au moins 24 heures sur son lieu de travail, et les consignes françaises vont dans le même sens : rester où l’on est jusqu’à ce que la sécurité soit assurée, sauf ordre d’évacuer. En vigilance rouge neige-verglas comme en vigilance rouge pluie-inondation, Météo-France demande de rester chez soi, et dans le second cas de s’éloigner des cours d’eau, des points bas et des ponts, en laissant les enfants à l’école plutôt que d’aller les chercher. En orange, la consigne est de limiter ses déplacements par neige ou verglas, et de renoncer à toute route immergée, même partiellement, lors des fortes pluies.

Le sac sert donc surtout dans les cas ordinaires, une grève, une panne de réseau ou une ligne coupée par un incident, où la ville reste praticable mais où les transports se sont arrêtés. Dans le doute, une alerte FR-Alert indique la conduite à tenir, qu’il s’agisse de rester à l’abri ou de quitter la zone, et le même sac permet alors de passer la nuit au bureau dans de meilleures conditions.

Le plan qui accompagne le sac

Le contenu ne fait que la moitié du travail, l’autre moitié se décidant à la maison, un soir tranquille, avec ceux qui vous attendent. Le guide « Tous responsables » du gouvernement invite à établir un plan personnel de secours qui fixe les lieux de rassemblement et les numéros à connaître, et l’on peut s’en inspirer en trois décisions simples : l’itinéraire à pied, repéré et marché une fois par beau temps ; un point de rendez-vous familial, par exemple chez un proche situé à mi-chemin si le domicile est trop loin ; et la répartition des rôles, notamment pour savoir qui récupère les enfants. Les mêmes consignes demandent de limiter les appels non essentiels pour laisser les réseaux aux secours, ce qui plaide pour un message court envoyé en partant plutôt que pour une série d’appels en route.

Une fois arrivé, le relais est pris par le kit d’urgence maison, qui garde l’eau, la nourriture et les lampes pour les jours suivants.

En pratique

  1. Choisir un petit sac à dos à deux bretelles déjà porté, et y ranger en premier les chaussures de marche rodées avec une paire de chaussettes.
  2. Ajouter environ deux litres d’eau, quelques en-cas sans cuisson et la petite trousse avec le traitement habituel et les lunettes de secours.
  3. Glisser la frontale et ses piles de rechange, la batterie externe chargée avec son câble, et la carte papier où l’itinéraire et deux variantes sont tracés.
  4. Plier la veste de pluie avec le bonnet, les gants et une couche chaude, puis ajouter un peu d’argent liquide et le double des clés.
  5. Marcher l’itinéraire une fois un jour calme, en notant les ponts et les passages bas à contourner en cas de crue.
  6. Convenir en famille d’un point de rendez-vous, des numéros à connaître et de la personne qui récupère les enfants.
  7. À chaque changement d’heure, recharger la batterie, renouveler l’eau et les en-cas, et adapter les vêtements à la saison qui vient.

Sur ce dernier point, Géorisques parle d’un contrôle annuel du kit d’urgence et info.gouv.fr de deux par an ; le rythme le plus serré, calé sur les changements d’heure, a l’avantage de faire coïncider la révision avec le passage des vêtements d’été à ceux d’hiver, et de garder sous le bureau un sac qui correspond vraiment au temps qu’il fait dehors.

Produits cités

Anker Nano, batterie externe 10 000 mAh à câble USB-C intégré (30 W)

Anker Nano, batterie externe 10 000 mAh à câble USB-C intégré (30 W)

Format de poche (10,4 x 5,2 x 2,6 cm) avec son câble USB-C attaché, ce qui évite de chercher un cordon au fond du sac le soir où le téléphone tombe à plat.

Voir la batterie Anker Nano